ACTE I, SCÈNE VIIL i5i
DE LIMEUIL
L'exacte bienséance Nous défend de devoir plus long-temps au marquis : Par le moindre délai nous serions compromis. Je crois présentement connaître à fond cet homme. Demain à ton réveil je te porte ta somme, Si tu le trouves bon.
MA.DAME 1>E LJMEUIL.
C'est combler mes souhaits.
DE LIMEVIL.
Ainsi donc, nous voilà tous les deux satisfaits. ' Tu vois de quoi dépend le bonheur de la vie; D'un moment de raison.
Ah ! mon ame ravie Bénira le destin dont j'éprouvai les coups : Sans lui je n'aurais pas retrouvé mon époux. . Toute entière à l'erreur, j'ignorerais encore Ces touchantes Vertus dont mon sexe s'honore. On ne les%cquiert pas ^ans un monde trompeur. Sans elles il n'est pas de solide bonheur; Tu viens de m'en convaincre... A propos, ta prudence Peut seule me sauver de mon inconséquence. J'ai promis au marquis...
DE LIMEUIL
Quoi ?
MADAME DE LIMEUIL
. De l'accompagner Chez la jeune comtesse, où l'on doit déjeûner. Et je voudrais pouvoir retirer ma parole.*.
1 5a LA JOUEUSE.
Je me suis avancée , et cela me désole.
]V[ai$ il doit s'y trouver quelques bonniêtes g^ns ?
madame: de i;.i9f3gniL.
Oui, monsieur, et beaucoup.
DELIIHEUIL.
Soyons danc indulgans^ On doit beaucoup, nm chère , au pionde qu'on méprise; On ne peut le c^ianger, et le fuir est sottise : Il faut le fréquenter av^c précaution.
Un dédain trop marqué i^^e^X qu'affectation. Je ne suis pas du toi^t pour les pa/tis extrêmes. . Peut-être vos amis m'accuseraient eux-noiêm^s D'être trop exigeant , de contraindre yos goûts , Et leur ujalignité ^^etoynberait sur vous. Votre société paraît dépend jeus^; Même, à certains égards, je la croÎQ d^ngejreuse. Rompez, c'est ^ijon s^yisf mais rompez par degrés: Vos motifs et l^s miens doivent être ignorés. Il faut dans tous les t^mps agir, ^vec prucknce, Et dans un aini sûr mettre sa confiance. -
Quoi ? sérieusçnpient...
DE LIMEUIL
Madame, vous irez.
MADAME DE LIMEUIL
Mais , je crains qu'on y joue.
DE LIMEUIL
Eh bien , vous y joûrez.
Il est un j^n pernns ppur u«e femme, honnête ,