ACTE II, SCÈNE VI. i
MADAME DE LIMEUIL, après avoir fixé MartoD.
Se réparer , dis-tu ?
MARTON
J'ose vous l'assurer , Et monsieur de Limeuil est trop heureux, madame, Pour qu'il fasse éprouver un refus à sa femme.-
MADAME DE LIMEUIL
Moi , m'adresser à lui ! j'aimerais mieux mourir. Qu'il soit heureux, Marton , et me laisse souffrir.
MARTON
Hélas! que je vous plains !
MADAME DE LIMCUIL.
Ta plainte m'importune , £t ne saurait changer mon cœur ni la fortune. De l'encre , du papier.
MARTOI9', allant «a secrétaire.
En voici.
écrirai.
C est un homme , après tout , et je le toucherai. Son amour me déplaît ; mais le marquis est tendre. La voix du désespoir saura se faire entendre... Que dis-je? si j'écris , j'e lui donne des droits ; Du plus saint des devoirs je méconnais les lois, Non, je peux me soumettre à mon destin funeste; Mais je prétends , au moins , que ma vertu me reste.
MARTON, montrant le secrétaire.
Voulez-vous....
MADAME DE LIMEUIL
C'est assez. Dans ce besoin urgent
i64 LA JOUEUSE.
Je ne peux me sauver qu'en Irouirant de l'argent.
Qui sait si le hasard...
MARTOW, avec timidité.
Je VOUS offre ma bourse.
madahie db limeuîl.
C'est, ma chère Marton, une faible ressource. J'accepte cependant..:. Mais, non, garde ton or. Je ne peux à ce point me dégrader, encor.
MARTON
Si madame voulait être un peu plus tranquille, J'irais trouver quelqu'un....
MADAME DE LUfTEUlL.
Qui?
Monsieur de Valyille.
Il va se marier, il est sensible et doux ; Du plaisir d'obliger il se montre jaloux. S'il vous voit rarement, il aime son beau-père, Et d'Angélique enfin il sauvera la mère.
MADAME DE LIMEUIL
Moi, sa mère, Marton! ah! je le voudrais bien. Je pouvais l'être, hélas! et je ne lui suis rien. Valville le sent trop, et mon extravagance Ne lui peut inspirer que de l'indifférence. Ils vont tous me haïr; je le sens, j'en frémir, Et je n'ai plus le droit de trouver des amis.
MARTON
Vous en aurez toujours.
madame.de limettîl.
Il me vient une idée ,