‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 139 sur 340 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Madame de LIMEUIL, seule.

D'un sentiment secret j'éprouve la puissance ; Le sort, pour nous calmer, nous laisse l'espérance. Flatteuse illusion , viens consoler mon cœur : L'infortune a son terme , ainsi que le bonheur. Je peux, en un moment oublier mes disgrâces ; Aux yeux de l'univers en effacer les traces ; Vivre heureuse et tranquille au sein de Pamitié , £t renverser l'autel où j'ai sacrifié, Marton revient déjà... Que vois-je !... C'est la foudre!.., A paraître à ses yeux il faut donc me résoudre.

De LIMEUIIi , et Madame de LIMEUIL.

DE LIMEUIL

Ah!... je suis enchanté que vous soyez chez vous. Partagez avec moi les transports les plus doux. J'ai retrouvé ma femme, et j'établis ma fille. Vous souperezici? Nous serons en famille, Et vous ajouterez à la félicité De nos jeunes époux.

MADAME DE LIMEUIL, contrainte.

C'est votre volonté...

J>% LIMEUIL

Ce n'est point là du tout ce que je vous demande , Et la gaîté du cœur jamais, ne se commande.

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