‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 142 sur 340 · SCÈNE. IX · texte numérisé non relu

SCÈNE. IX

Madame de LIMEUIL, seule.

Ah! quand je l'assassine, il m'ouvre encor ses bras!... Avec lui je gardais un silence farouche; Je sentais mon secret s'échapper de ma bouche : Je me suis contenue... Eh! comment m'excuser? A de nouveaux dangers ai-je pu m'exposer..? Que dis-je ? il m'a poussée à cette horrible fête :

Je sentais ma faiblesse... Infortunée, arrête;

Apprends à respecter un époux vertueux.

Et ne l'accuse pas de ton état affreux.

Lui reprocheras-tu jusqu'à sa confiance?

Tu peignais les remords , il crut à leur puissance ;

Il crut pouvoir compter sur ta faible raison.

Ta plainte aggrave encor ta lâche trahison...

Celle qui s'est rendue une fois condamnable ,

Toujours plus malheureuse et toujours plus coupable ^

N'a pour se garantir de sa propre fureur ,

Que les illusions de sa funeste erreur...

Jouons pour mon époux , pour les miens , pour moi-même :

Un moment de bonheur sauve tout ce que j'aime.

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