SCÈNE XIÎL
DE LIMEUIJl.^ SEUL.
11 faut donc renoncer à ma tranquillité.
Quand je croyais toucher à la félicité.
Le réveil est affreux après un pareil songe*
Le bonheur ici-bas est prestige ou mensonge...*
C'est trop long-temps souffrir , il faut prendre un parti,
Et rompre , mais trop tard , un nœud mal assorti.
i8o LA JOUEUSE.
( Il se met à son seciétaire , et écrit. )
a L'excessive bonté dégénère en faiblesse ^ (( £t j'abjure à jamais l'amour et son ivresse.
(nécrit.)
« Qui peut braver l'hymen, la nature et l'honneur, <c S'interdit à jamais mon estime et mon cœur. »
( n écrit. )
Elle vit pour jouer, elle n'aime personne.
Quels droits conserve-t-on sur ceux qu'on abandonne?
( U^lîe sa lettre. )
Pour elle je ne vois qu'un avenir affreux ,
Et je l'ai condamnée.... Arrête, malheureux !...
Non, j'ai suivi les lois de l'exacte justice,
Et si je 1 épargnais , je serais son complice.
C'est porter le courage au degré le plus haut;
C'est le coup de la mort, mais je sens qu'il le faut.