‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 151 sur 340 · SCÈNE XIÎL · texte numérisé non relu

SCÈNE XIÎL

DE LIMEUIJl.^ SEUL.

11 faut donc renoncer à ma tranquillité.

Quand je croyais toucher à la félicité.

Le réveil est affreux après un pareil songe*

Le bonheur ici-bas est prestige ou mensonge...*

C'est trop long-temps souffrir , il faut prendre un parti,

Et rompre , mais trop tard , un nœud mal assorti.

i8o LA JOUEUSE.

( Il se met à son seciétaire , et écrit. )

a L'excessive bonté dégénère en faiblesse ^ (( £t j'abjure à jamais l'amour et son ivresse.

(nécrit.)

« Qui peut braver l'hymen, la nature et l'honneur, <c S'interdit à jamais mon estime et mon cœur. »

( n écrit. )

Elle vit pour jouer, elle n'aime personne.

Quels droits conserve-t-on sur ceux qu'on abandonne?

( U^lîe sa lettre. )

Pour elle je ne vois qu'un avenir affreux ,

Et je l'ai condamnée.... Arrête, malheureux !...

Non, j'ai suivi les lois de l'exacte justice,

Et si je 1 épargnais , je serais son complice.

C'est porter le courage au degré le plus haut;

C'est le coup de la mort, mais je sens qu'il le faut.

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