‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 166 sur 340 · ACTE m, SCÈNE VIJL · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VIJL

Tout espoir de retour m'est^il donc interdit ? Pouvez-vôus arracher des enfans à lent mère? Vous ctev^esE me haïr; mais vous êtes leur père.

i>E LIMEDIL,

Oui, je le suis toujours, je vous le prouverai. A vos séductions je les déroberai.

Vous , de former des cœurs vous vous croyez Capable ! Rappelons les «ccès dont vous êtes coupable, Vos regrets simulés ont attufndri mon coeur; . Au moment du pardon , votre aveugle fureur A de nouveaux hasards vous exposait encore; Le destin vous accable, et votre époux l'ignore. Lie plus doux sentiment Tamme auprès de vous : Vous Ten récompensez en jouant vos bijoux. . Vous trompez son amour par de vils artifices, Et parmi vo$ valets vous cher<5hez des complices. Qui peut trahir ainsi son honneur, son devoir, ^'est pas fait pour connaître un noble désespoir t On ne m'abuse plus , madame , avec des larmes.. Je sais apprécier vos remords , vos alarmes. Ils m'ont coûté trop cher pour me séduire encor. Et je les calmerais en vous montrant de l'or. Allez, et livrez -vous à votre frénésie; Mais n'attendez .plus rien de votre hypocrisie.

MADAME DKLÎMEUIL.

Ainsi vous soupçonnez jusques à ma candeur!... Quand ma tendre amitié ménageait votre cœur. Ne pleurait que sur vous, vous épargnait des peines, Votre injuste soupçon vient ajouter aux miennes. Je suis faible , monsieur; mais je ne peux tromper ,

Et dans Tinstant crael où je me sens frapper. Où le plus saint des ncçuds à ma honte se brise. Vous allez me connaître et juger ma franchise. J'ai joué mes bijoux, et je les ai perdus. Par monsieur de Valville ils m'ont été rendus. Je dois cent mille francs , cet ami me console , Et veut avec son bien dégager ma parole. Le marquis le refuse; il brave le danger: Pour mes seuls intérêts ils vont s'entr'égorger. Prévenez un forfait , arrêtez votre gendre : A vos ordres peut-être il daignera se rendre.

DE LIMEUIL

Qu'entends^je!.. Holà, quelqu'un!... Val villa est-il ici? Valville.... mon enfant!

Page 1