ACTE I, SCÈNE VII. aa
J U L I E 9 baissant les yeax.
Vous me le demandez ! avec autant d'esprit , peuton ne pas les pressentir ?
LA COMTESSE
Parle , parle , mon enfanta Tu en as trop dît pour ne pas achever.
JULIE
Âh ! ma bonne maman , quand jç te vois serrer ton fils dans tes bras , lui donner les noms les plus tendres; quand je le vois répondre à ta tendresse, crois-tu que mon cœur ne mç dise rien ? Ah ! maman , pourquoi n'ai-je pas aussi des parens ? Je saurais si bien les aimer!*
VALBOURG, àpart.
Mon cœur se brise.
LA COMTESSE
Ma Julie, tu peux te plaindre de la fortune; mais de mon cœur
JULIE, Tembrassant.
Ah ! ma bonne maman , je vous dois bien plus qu'à mes parens. Us m'ont rejétée, abandonnée, peut-être encore qu'ils me haïssent. Je ne leur demande ni rang, ni fortune ; mais ils me doivent leur tendresse ; peuvent-ils m'en priver sans injustice? Je m'en rapporte à vous , monsieur le comte , à vous qui avez tant de probité.
VALBOURG, àpart.
Mon secret est prêt h m écYmppev, (Haut.) Julie!....
ah! croyez que vos parens s'ils existent..... s'ils
vous ont vue....... s'ils vous connaissent combien
ils doivent vous aimer combien ils doivent gémir! {A la comtesse^ Mon coeur est déchiré.... Cette
enfant me rapelle à chaque instant Julie votre
père Il faut sans doute que des raisons bien fortes.... Il faut que des obstacles invbacibles. Je ne
puis retenir mes larmes Sortons^ madame, sortons Ah! jamais votre ami ne fut plus agité, plus
attendri , plus malheureux !