ACTE II, SCENE XL a
VALBOURG.
Il est vrai. Elle ne connaît que la nature ,«et si elle plaît , c'est sans le savoir.
PIGAllD.
Nous désirons tous la voir heureuse.
VALBOURG.
Je vous remercie de vos sentimens pour elle. Vos vœux seront peut-être remplis.
PICARD
Nous Tespérons bien. Un établissement solide....
VALBOURG, souriant avec complaisance.
Oui, je m'en occuperai.
PICARD
Ah! monsieur, c'est à' vous qu'est réservé le plaisir d'établir sa fortune.
VALBOURG, à part.
Ce garçon me paraît avoir le cœur excellent.
PICARD
Ce n'est pas un amour intéressé qui vous guide.
VALBOURG.
Que veux-tu dire ?
P'ICARD.
Que votre choix est excellent , que tout le monde vous approuvera.
VALBOURG.
Vous m'étonnez , mon ami ; qui a pu vous confier ?....
PIC ARD
Personne au monde, monsieur. Quelques mots entendus par -ci, par -là; des .gestes, des regards: l'amour se cache difficilement à un œil observateur.
266 L'ORPHEUNE.
VALBOURG.
Soyez vrai. Le oomte d^Elmont w>us a-t-il fait confidence de son amour ?
PICARB.
Oui, monsieur.
VAX.BOURG.
St il Youfi a chargé de le servir ?
PICARD
Oui, monsieur; mais mademoiselle Julie m'est trop chère pour la compromettre aussi crudlement.
La compromettre!
PICARD
•D'aUleurs , oest une fille trèsrferméepeur son âge, du coté de la raison et du jugement. Elle n'aime pas les jeunes gens. Oh! elle pense mûrement.
▼ ALIOUR'O.
Je vois, mon ami, que vous ne savez rien, et que vous voudrîex tout savoir. Défiiites-vous de cette manie: elle vous nuirait ici. Les domestiques y sont doucement traités ; mais on n'entend pas qu'ils veuillent pénétrer ce qu'on ne juge pas à propos de leur découvrir. Avezrvous iait part de vos. observation^ à quelqu'un ?
PtCARDu
]!(Qn , moHfiieur.
VAIilOURG.
Gardez un ailei^ee rigoureux attr Jolie, le cmRte d'Ëlmont et moi Je vous sais gré die votre attachement pour cette jeune persoone ; mai& je ferais punir