‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 303 sur 340 · L EXEMPT · texte numérisé non relu

L EXEMPT

Est-ce vous, jeune homme?

BAZILE, (prit avoir Sxé VExempt, Clurlei el Caroline.

Oui , monsieur, c'est moi.

l'exempt.

Je vous arrête par ordre du roi.

BAZILE

Marchez, monsieur, je vous suis.

CHARLES

Demeure, malheureux, âèwieure. N'ajoute pas à ities maux l'infamie et lés remords. Crois-tu cfue je ine pi;éte à cette horrible supposition? Plus je te connais , et plus tu me deviens cher; mais mes malheurs ue doivent tomber que sur moi. {A l'Erempt.)

ter? Pourquoi trahir, par une lâche obéissance, la société blessée dans un de s^s membres, et ma Emilie dont je suis l'unique support? Je me défendrai , n'eu doutez pas ; et si je succombe sous le nombre, j'aurai vécu et je serai mort libre.

l'exkmpt.

Marchez , vous dis-je,

B À Z I L E , bai à Cbariet.

Faut -il toucher?

( Chule* le retient. ) CAROLINE, toyot loa miri dtuu aea biu.

Vous ne l'aurez pas... vous ne l'aurez pas.

CHARLES, » dibunuuU des bru de u Femme.

Non, vous ne m'aurez pas.

l'exehpt.

J'ai ordre, monsieur, d'éviter l'éclat; mais je dois employer la force si j'éprouve de la résistance. Je serais au désespoir d'Stre obligé de rassembler mes gens.

CHARLES

Vos gens!.... Vos gens!....

CAROLJKE.

Qu'ils viennent,... qu'ils voient mon état, mon désespoir; et s'ils y sont insensibles, qu'ils ajoutent à leurs for&its l'assassinat d'une femme. Ils n'ont que ce moyen de l'arracher à ma tendresse. Votre ordre .aftreux vous autorise -t-il à répandre mon sang? Frappez, délivrez - moi . d'un seul coup, et de moimême, et de mon amour, et de l'horreur que vous

m'égarait : la seule idée d'un meurtre me conbent et me désarme. Cet être est avili , mais enfin c'est un homme : il est moins coupable que ceux qui te dégradent. M'imitons pas nos tyrans , et respectons l'humanilé ; ne vous souillez* point d'un assassinat qui me serait inutile : l'ordre serait confié à d'autres mains.

{ L'ncempt marque vm tronnentait. ) VEAHKDIL fil*.

Cet ordre est surpris; mon père n'ea a pas connaissance.

l'exempt.

C'est lui qui l'a sollicité.

V£SN£(J1L fiU.

C'est une imposture.

l'exempt.

Et c'est le comte de Préval qui m'a chargé de rexécution.

CHARLES

Préval !

VERMEUIL fil».

Préval ! Il a en effct parlé à mon père.

CHARLES

Il lui a parlé , dis-tu ? Tout est expliqué.... Je be concevais pas que mon père.— Préval,... Préval !.- Il a pu ranimer un courroux!... Ah! je suis perdu sans ressource t le monstre aime ma femme. VERITEUIL fil*.

Ta femme !

CHARLES

Oui , ma femme : il a osé le lui dire.

l'exempt, à péit.

Il est ferme.

BAZILE, i Pexcmpl.

Monsieur , puisque je consentons à vous laisser vivre, laissez vivre i's autres. Vous ne connaissiez ni Charles, ni moi. Erreur n'est pas compte; mais, sans lui, vous m'emmeniez à sa place. Il en est temps encore ; je vous en prie , je vous en conjure , emmenez-moi. Si c'brave jeune homme n'tire pas son frère d'Ià , hé ben ! morgue , j'resterons en prison pour li , et j'y mourrons , avant de trahir l'secret qui assurera sa liberté. Allons , monsieur , eune bonne action. Vous n'en avez jamais fait , peut-être ; mais il y a commencement à tout. Si vous saviez le bien qu'ça fait , une bonne action , vous ne balanceriez pas.

CHARLES.'

. Mon ami , mon respectable ami , je n'y consentirai pas.

Tais-toi.... tais-toi.... NTaut à un homme comme moi que dii pain : ça se trouve en prison comme ailleurs.

VERHEUIL ait.

Laissez feire ce digne homme; sa déteoHon ne peut être de longue durée. Je déclar«rai tout , dès que tu seras en sûreté.

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