‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 31 sur 340 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

NICAITDRE.

Ah! qu'il serait plaisant Û!inspirep à mon âge un tendre attachement ! .

Votre femme a juré.,,*

NIGANDRE.

Chansons , serment de forme ;.

Mais qu'emporte le fond , nulle ne s'y conforme. Sous les lois de l'hymen quand on coule ses jours, On doit de sa moitié se défier toujours.

LiANDRE.

Mais je ne conçois rien à votre jalousie.

Vous la portez ici jusqu'à la frénésie.

Et lorsque vous avez crié, juré, pesté,

Vous êtes tout à coup d'une sécurité !

Tendre avec votre femme, et par un doux langage...

jVIGANDRE. . •

Je veux la consoler du chagrin d'être sage..

Je sais trop que la femme , assez encline au mai ,

N'a pas un grand respect pour le nœud conjugal «

Avare de bienfaits,* l'économe nature

Joignit à. ses attraits un grand goût au parjure.

Ce sexe a toujours eu besoin de caution^

Et pour moi, la plus sûre est la précaution*

L£A]>rDRE.

Le bonheur des époux doit naître de l'estime. Une femme, à bon droit, déteste qui l'op^Mrime. L'amour peut-il paraître oîi règne la douleur? • Roséide déjà sent au fond de son cœur Que votre douceur fcinte est pour elle fondée

Sur tous les surveillans dont elle est obsédée , Et rougit de vous voir, en vos transports jaloux, Moins croire à sa vertu qu'au pouvoir des verrons.

Plus une jeune femme a d'attraits , de mérite ,

Et plus un mari doit éclairer sa conduite.

La mienne est dans le cas : j'ai voulu l'épier ,

Et lui cacher les yeux qui la vont surveiller.

Il fallait qu'en sa duègne elle vît une amie

Riant et de mes soins et de ma bonhomie;

Non de ces vieux argus, aigres, toujours grondant.

Qu'on devine d'abord et qu'on trompe aisément.

Celle que j'ai choisie a toute sa jeunesse;

Certain air*de douceur qui vous cache une adressé! *

De petits yeux fripons, certain regard malin,

Qu'à surprendre je donne à l'amant le plus fin.

On ne fait pas ainsi naître de défiance.

De ma femme elle aura toute la confiance;

Elle la chargera de ses tendres poulets.

Et je saurai par là jusqu'aux moindres secrets.

Comme dans un miroir je verrai dans son ame !

Feignant de partager les ennuis de ma femme, 4

Et la trompant ainsi, sous un dehors flatteur.

Finette trouvera le chemin de son cœur.

LÉANDRE

Ainsi vous permettez qu'une duègne cruelle Aggrave encor les maux d'une épouse fidèle , Et vaws l'autorisez ! N'aviez-vous pas promis Que" le jour où tous deux on vous verrait unis. Serait marqué du sceau de votre* complaisance ,

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