SCÈNE IX
Ne rougissez- vous pas d« vos égaremens?
Votre cœur est en proie aux plus cruels tourmens,
Quand vous êtes certain qu'une épouse tremblante
Baise, en cachant ses pleurs, la main qui la tourmente.
Que deviend riez* vous , si la fatalité
Sur les pas du soupçon eût mis la vérité ?
Votre aveugle fureur armerait la nature
Pour punir Roséide et venger votre injure.
Je veux vous éclairer; mais point d'emportement ;
Le bonheur de vos jours dépend de ce moment.
Une, heure, seulement, apprf^nez à vous vaincre,
Et si vous m'écoutez , je saurai vous convaincre
Que les lâches soupçons qu'un jaloux entretient
Font rougir l'honnête homme , et ne servent à rien. ,
J'écoute. Allons, parlez.
LÉAW DRË.
Cette austère suivante.
De vos sages projets la digne confidente....
wica^ndrï:.
Qu a-t-elle fait ? voyons.
LÉANDRE
Elle est précisément (Iplui dont je parlais.' ^
NICAWDRE.
Finette?...
Est mon parent.
Aimable , entreprenant, comme on l'est au bel âge, 11 voulut être heureux : le reste est votre ouvrage.
74 LE JALOUX CORRIGK
NICA^NDRE. ,
Quoi ! monsieur , vous osez...
LÉAItTBRE.
Voijis apprendre, entre nous, Qu'en ses propres filets l'amour prend un jaloux.
WICAWDRE.
Dans ma juste fureur....
LÉANDRE
Que pouvez-vous prétendre?
Avez-vous à vous plaindre?
NICAITDRE.
Oui, je vais la surprendre; Me venger de tous deux.
^LÉAITDRE.
Eh ! de quoi , s'il vous plaît ?
Que lui reprochez-vous ?
NICAJVDRE.
Comment! un tel forfait!
Ecouter un amant sans crainte , sans colère ; Sans venir dans mes bras l'accuser la première!
LIÉANBRE.
Patience, attendez.
NIGANBRE.
J'y cours sans balancer.
Eh! qui sait à présent ce qui peut se passer? Que vois-je ?