‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 49 sur 340 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

DUPONT

Depuis sept ans, madame.

AMÉLIE

Et nous l'ignorons tous !

DUPONT-

J'ai craint d'ouvrir mon ame Au maître que je sers depuis plus dp vingt ans. Je n'en aurais reçu que des refus constans ; Il aurait condamné mon choix et ma tendresse. De céder à mon cœur, hélas! j'eus la faiblesse.

AMÉLIE

Vous en repentez-vous?

DUPONT

Je m'en repentirais, Si , depuis notre hymen, nos deux cœurs satisfaits Avaient eu quelqu'instant de mésintelligence. Notre amour s'est accru dau& l'ombre çt le silence; Le temps , comme l'éclair , s'est écoulé pour nous , Et le jour qui: renaît est toujours: le plus doux.

AMÉLIE

Quels sont donc vos chagrins?

DUPONT

Je suis dans l^indigenci?..- J'ai combattu long-temps, cédant à l'espérance De pouvoir surmonter un destin rigoureux ; Mai^.vous seule aujourd'hui pouvez me rendre heureux. Au moment où je parle ^ ua barbare, peut-être..*. Pardon , de ma douleur je ne suis pas le maître.... Peut-être en ce moment je suis exécuté. Si d'un frivol espoir je ne suis pas flatté,

Vous daignerez parler....

AMÉLIE

If me déchire Taine.

Oui , je vous le promets,

DUPONT

Vous me plaignez, madame- Voilà bien votre cœur.

Mais, vos appointemens....

DUPOlSrT.

N'ont pu fournir qu'à peine à nos besoins urgens. Et forcé d'emprunter , on me contraint de rendre.

AMELIE.

Avez-vous des enfans?

DUPOKT.

Oui, l'amour le plus tendre M'a renâu deux fois père , et c'est là mon malheur» La mère et les enfans vivent dans la douleur ; Us vont manquer de tout, et trop malheureux père\ Je n'ai plus que des pleurs à porter à leur mère.

AMELIE.

Us seront essuyés , et peut-être aujourd'hui Votre sort changera : comptez sur mon appui. Vous faudrait-il beaucoup ?

DUPONT

La somme est assez forte Pour craindre que monsieur ne veuille pas....

AMÉLIE

N'importe; Dites, que vous faut-il?

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