‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 53 sur 340 · SCÈNE VI. qi · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. qi

Me montre ses enfans, implore mon secours;

Remet entre mes mains son destin et leurs jours ;

Me supplie à genoux de ménager leur père,

Et croit en ce moment voir un dieu tutélaire.

Vos maux seront, lui dis-je, éf&cés par ma main.

Jamais les malheureux lïe m'implorent en vain :

Je vais payer. Alors ce créancier barbare

Ose approcher de moi, tend une main avare,

Et reçoit, sans frémir , ce malheureux métal

Qui tient tout asservi sous son pouvoir fatal.

Vous êtes, me dit-il, dupe de ce manège!

C'est ainsi que ces gueux trouvent qui les protège.

Lies propos de cet homme allument mon courroux.

On ne vous doit plus rien , criai-je , éloignez-vous ,

Et laissez respirer cette triste victime,

Que votre barbarie entraînait dans l'abîme.

11 sort en me lançant un regard furieux.

Mais quel autre tableau se présente à mes yeux!

La roèrè est à mes pieds, et sa bouche est muette ;

Un coup d*œil expressif est son seul interprète;

Elle pressé mes mains, les porte sur son cœur;

Elle voudrait parler.... Une horrilile pâleur

A chassé de son front son ame défaillante....

Je veux la relever.... elle tombe mourante..

Je vais.... je viens.... j'appelle, éperdu, plein d'effroi ,

Et pour la secourir je ne voi« près de moi

Que deux infortunés qui vont perdre leur mère ,

Et sur qui le destin épuise sa colère....

On accourt à mes cris, et des soins bienfaisans

Lui rendent à la fin l'usage de ses sens ,

c^A LE PESSIMISTE.

Et de sauver ses jou^rs me laissent l'espérance. Pour moi, je n^ dérobe à sa- reconnaissance; Je m'éloigne, à grands pasr, de ce lit de douleur, Et reviens wle livrer à toute n[iop humeur,

VALCOURT

Oubliez4a plutôt , inoi^ieur :- votre existence * Est marquée eQ ce jlour par votre bie^faida^^ce. Si la vie est un mal , oi^ pteut ainsi joilir Du plaisir consolait dé savoir Tadouoir*

Si le bonheur n'était un être £si)itastk|ue^ *

Il ne sep$iit, pour moi , qu'une ressource unique

Contre, les noirs chagrins qui dévorent nnon cœur.

Ce serait des humains d'être le bien&iteur ;

De tarir de leurs maux la source renaissai^te;

Calmer leur propre r£lge et la rendre impuissante.

Mais jamais les niortels peu vent-ik être heureux!

On les voit opprimés dès qu'ils sont vertueux;

Le vice corrompt tout, et l'altière opulence

Écrase de son poids l'honorable indigence.

En vain l'homme pei^s^x^ voudrait la secourir :

Tout être infortu^ finit par s'avilir.

Je distingue poui^tant de la classe copiimune ,

Ceux dont j'ai ce matin corrigé la fortune.

Ils $oj(t vraiment aimés, on m'en a dit du bien,

Et pour les secourir je n'épargnerai rien*

Jls ont deç qualités ; l'épouse est douce , belle;

$on époux la chérit , et paraît digne d'elle-

Il est, dit-on, placé chez un original

Qui lui donne très-peu , qui le traite assez mal ,

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