SCENE VI
VALCaURT.
Monsieur , si votre père eût suivi ce système , Auralt-il eu. raison?
DtfPRÊ.
Oui , la prudence tnéme Aurait dû l'arrêter, et contre vos discours, En ce moment, monsieur, j'emprunte son secours. Comme un fardeau la vie à l'homme fut donnée ; Aux chagrins renaissans elle est abandonnée. Li'espéran,ce du bien l'amuse en son berceau ; Sans trouver sa chimère il atteint le tombeau. Soyez de bonne foi, vous conviendrez vous-même Que le bonheur possible est encore un problème.
VALCOURT
Non , Te mien est certain , si vous y consentez.
DtrPRÉ.
Il est dans votre tête.
Ah ! du moins permettez Qu'on pense que l'amour, en dépit de l'envie, Peut^eter quel(j[ues fleurs sur cette courte vie.
DUPRÉ
Ces fleurs sont un poison qui trompe lés mortels. Les aveugbs qu'ils sont! ils dressent des autels Au dieu qui les abuse , et vS^ flami|ne funeste Leurôte en un instant la raison (Jui leur reste; Les égare à son gré, trompés par le désir; Sur les pas du dégoût traîne le repentir , Et souvent, pour combler son injustice extrême. Aux maux qu'il a causés il insulte lui-même.
VALGOURT*
Pour VOUS pUiûre il faut donc renoDGer à son cœur?
DUPRE.
Mais... il faudrait du moins combattre votre ardeur.
VALCOURT
Vous n avez point aimé ?
DUPRÉ
Si, parbleu! dont j'enrage.
Tai payé le tribut à la fqugue de Tâge. Dans ses plus tendres vœux mon amour fut trompé , Et mon aveuglement soudain s'est dissipé. Si je me suis vaincu , ne pouvez- vous de même Éviter les* dangers de oe désordre extrême? Lorsque j'aime quelqu'un, ce, n'est pas à demi. Et pour vous marier, je suis trop votre ami.
Vous n'estimez donc pas cette pupille aimable?...
. DUPRE.
Je n'estime personne.
VALCOURT
Il est incontest^le *
Qu'elle a des qualités bien dignes de l'amour Que je conserverai jusqu'à mon dernier jour. Et son cœur vertueux....
Vertueux comme un ,autî:e.
Je n'en connais pas un.
VALCOURT
, Quoi !. pas même le votre ?