SCÈNE VIII
Un fermier, DUPRÉ.
DUPRi.
Eh bien ! que voulez-vous ?
tS FERMIER.
J'occupe votre ferme.
Je le sais bien, parbleu.
LE FERMIER
Je viens payer mon terme.
DUPRÉ
Allez trouver Dupont.
LE FERMIER
Monsieur , il est sorti.
DUPRÉ
Jamais ce coquin-là ne peut rester ici.
Vous reviendrez demain.
LE FERMIER
Ecoutez-moi) de^aœ.
Je le voudrais en vain : j'éprouve une disgrâce....
DUPRÉ
Vous allez m'ennuyer; vous vous plaignez toujours.
LE FERMIER
Si vous saviez, monsieur....
DUPRÉ
Abr^eons ces discours.
Qu'avez-^vous? dites-moi.
LÉ FERMIER
, Monsieur, votre colère....
BUPRB.
N'est jamais dans mon cœur ; mais dans mon caractère. Expliquez-vous, vbyotis.
LE FERMIER
Je vais vous affliger.
DUPRÉ
Cet homme-là, je crois, veut me faire enrager. Parlerez* vous , enfin?
LE FSIRMIER.
On rebâtit ma grange.
Mes grains étaient auprès ; pat* un malheur étrange, La foudre a tout brûlé.
» Quand?
LE FERMIER
Monsieur, cette nuit.
loo LE PESSIMISTE.
DUPRÉ
Et tu veux me payer, quand le sort te réduit.... Tu viens pour m'éprouver. Voyez l'effronterie! Si la foudre eût, du moins, brûlé ma métairie.... Je pouvais aisément supporter ce malheur. Ma fortune n'est pas le fruit de mon labeur; Je la dois au hasard, aux travaux de mes pères. Un peu plus, un peu moins ne m'importerait guères, Et ce malheureux- ci perd un an de travaux. Remporte ton argent. Des accidens nouveaux, Avant qu'il soit deux jours , le rendront nécessaire.
LE FERMIER
Mais , monsieur , je vous dois.
DUPRÉ
Commence par te taire.
Fais ce que je te dis. Lorsque tu le pourras, - Je prendrai ton argent , et tu t'acquitteras.
LE FERMIER
Croyez, monsieur...
DUPRE.
C'est bon.
Que ma reconnaissance...
DUPRÉ
C'est bon.
LE FERMIER
Est infinie.
DUPRÉ
Eh ! va , je t'en dispense.