SCÈNE X
AMÉLIE, DUPRÉ
dupr£ Ce nouvel incident m'indigne et me révolte. Qu'a fait ce malheureux pour perdre sa récolte ? Et pourquoi suîs-je , moi , plus fortuné que lui?
AMIÉLIE.
C'est pour le secourir.
• DUPAi.
Qui vous demande ici ?»
Je crois votre présence assez peu nécessaire , Et je ferai sans vous tout ce qu'il faudra faire.
AMIBLIE.
Vous me parlez d'un ton....
DUPRÉ
Je ne suis pas poli.
AMJÉLIE.
Vous avez très-grand tort.
DUPRIÉ.
Vous le croyez ainsi ?
J'aime* assez vos leçons. Il faut donc à mon âge
loo LE PESSIMISTE.
Et tu veux me payer, quand le sort te réduit.... Tu viens pour m'éprouver. Voyez l'^ronterie! Si la foudre eût, du moins, brûlé ma métairie.... Je pouvais aisément supporter ce malheur. Ma fortune n'est pas le fruit de mon labeur; Je la dois au hasard, aux travaux de mes pères. Un peu plus, un peu moins ne m'importerait guères, Et ce malheureux- ci perd un an de travaux. Remporte ton argent. Des accidens nouveaux , Avant qu'il soit deux jours, le rendront nécessaire.
LE FERMIER
Mais , monsieur , je vous dois.
DUPRi.
Commence par te taire.
Fais ce que je te dis. Lorsque tu le pourras, Je prendrai ton argent, et tu t'acquitteras.
LE FERMIER
Croyez, monsieur...
DUPRE.
C'est bon.
LE FERMIER
Que ma reconnaissance...
DUPRE.
C'est bon.
LE FERMIER
Est infinie.
Eh! va, je t'en dispense.