SCÈNE X
AMÉLIE, DUPRÉ
DUPRÉ
Ce nouvel incident m'indigne et me révolte. Qu'a fait ce malheureux pour perdre sa récolte ? Et pourquoi suis-je , moi , plus fortuné que lui?
AMELIE.
C'est pour le secourir.
• DUPAÉ.
Qui vous demande ici ?»
Je crois votre présence assez peu nécessaire , Et je ferai sans vous tout ce qu'il faudra &ire.
AMIÉLIE.
Vous me parlez d'un ton....
DUPRÉ
Je ne suis pas poli.
AMÉLIE
Vous avez très-grand tort.
DUPRÉ
Vous le croyez ainsi ?
Taime' assez vos leçons. Il faut donc à mon âge
loa LE PESSIMISTE.
Des manières du temps faire l'apprentissage ; A l'homme que je hais aller tendre la main; L'embrasser tendrement en lui perçant le sein ; Sous des dehors mielleux cacher ma perfidie; IVFavilir , pou^- charmer la cohorte étourdie D'un tas de freluquets , et me mettre à leur rang ? Le méchant est poli , l'homme de bien est franc.
AMIÉLIE, souriant.
Monsieur l'homme de bien....
DUPRÉ
Enfin j'aspire à l'être, Si je ne le suis pas.
AMIÉLIE, souriant.
Je mérite peiit-êtiHe Qu'avec moi Ton ioublie, on le peut aisément, La sagesse future et l'humeur du moment.
DUPRÉ
Je n'aime pas du tout que l'on me contrarie , Et ce h^est pas l'instant de la plaisanterie.
Je me garderai bien, inonsièiir , de plaâsanterl Quand je veux , je raisonne ; et je vais débuter.
(Elle 8*assied.)
Causons paisiblement.
DUPRE.
Parbleti! mademoiselle....
AMÉLIE
Oh! vous m'écouterez.
DUPRÉ
Quelle folle cervdfe !