POUR UN MORE
Sonnet.
De ces lieux où le chaud seiche la terre et l'onde, De ces champs où l'hyver ne fait jamais pleuvoir, Le renom d'Uranie et l'honneur de la voir M'ont fait conduire icy ma barque vagabonde.
C'est la seule clarté que je connois au monde; Seule elle fait les loix que je veux recevoir; Ses yeux sont les seuls rois dont je crains le pouvoir Et la seule fortune où mon espoir se fonde.
Ils tiennent pour jamais mon destin arresté. Je renonce à ces champs dont l'éternel Esté Noircit nostre couleur de son ardeur extresme.
Mais qu'espère mon ame, ou qu'est-ce qu'elle craint Le soleil qu'elle fuit ne brusioit que mon teint. Et ceux qu'elle a trouvez me brusleront moi-mesme.
Sonnets. 211