‹ Œuvres complètes de Racan. Nouv. éd., rev. et annotéeChapitre 61 sur 95 · EPITAPHE · texte numérisé non relu

EPITAPHE

De feue Dame Louise de Bueil , abbessc de Bonlieu.

Sonnet.

Celle de qui ce marbre est le dernier séjour De la bonté du ciel avoit eu tant de grâce Que, ne pouvant gouster aucune chose basse, Elle estima Dieu seul digne de son amour.

Pendant qu'elle a joui de la clarté du jour, De ce parfait amant elle a suivy la trace, Et toutesfois ses ans ont borné leur espace Que huit lustres entiers n'avoient pas fait leur tour.

Ne sois point estonné, toy qui*plaints ce dommage.

Sonnets. 2ij

Si Dieu, qui fut l'autheur d'un si parfait ouvrage, A permis que la Mort l'ait si-tost abatu.

Croy que c'est un effet de sa bonté profonde De n'avoir point souffert qu'une telle vertu Endurast plus long-temps les misères du monde.

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