‹ Œuvres complètes de Racine (volume 2)Chapitre 126 sur 154 · Idem, Anti'j. jud., lib. XVIII, cap. u. {Hacine · texte numérisé non relu

Idem, Anti'j. jud., lib. XVIII, cap. u. {Hacine

tés en entrant chez eux, que celui qui ne possédoit rien du tout ; et, pour comble d'étonnement, ils vivent ainsi étant au nombre de plus de quatre mille.

Ils ne veulent prendre ni femmes ni esclaves, jugeant qu'en prenant ceux-ci Ton viole le droit de nature, et qu'en prenant celles-là l'on s'expose à de continuelles dissensions. C'est pourquoi, vivant seuls et en leur particulier, ils se servent charitablement les uns des autres.

Ils établissent des receveurs, c'est-à-dire quelques prêtres reconnus pour gens de bien, qui doivent, en recevant leurs revenus et tout ce que leurs terres leur rapportent, leur fournir leur pain et leur nourriture.

Après' avoir parlé des Esséniens qui ont choisi et embrassé la vie active et laborieuse, et qui excellent avec tant de perfection en toutes ses parties, ou au moins en la plupart, pour me servir d'un terme moins fort et plus modeste, j'ai maintenant, pour suivre l'ordre de mon dessein, à parler de ceux qui se sont consacrés à la vie spirituelle et contemplative ; j'en dirai donc ce que j'en dois dire, sans ajouter autre chose du mien, pour embellir mon discours de ces ornements empruntés qui sont si ordinaires aux poètes et à tous les autres écrivains, à cause de l'indigence où Ils sont des belles matières; et sans faire autre chose que de m'attacher simplement à la vérité, qui peut seule épuiser l'esprit le plus riche et le plus fécond ; ce qui ne m'empêchera pas néanmoins d'entrer dans la carrière, et de faire tous mes efforts pour n'y point demeurer vaincu ; car il ne faut pas que l'extraordinaire vertu de ces grands hommes réduise au silence ceux qui se croiroient criminels d'y avoir laissé aucune belle action ensevelie.

Le nom de ces amateurs de la sagesse déclare quelle est leur profession ; car ils en ont un qui signifie tout ensemble et médecins et adorateurs ; ce qui leur "convient très-bien, soit à cause qu'ils font profession d'une médecine d'autant plus élevée audessus de celle qui est en usage dans les villes, que celle-ci ne s'étend que sur les corps, et que celle-là s'exerce sur les âmes mêmes, et en chasse des maladies très-fàcheuses et très-opiniâtres qui ont leur source dans les plaisirs et dans les cupidités,

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