LETTRE DE SAINT IKÉNÉE
Nous vous envoyons, comme vous Pavez désiré, les lettres d'Ignace, tant celles qu'il nous avoit adressées que toutes les autres que nous avions entre nos mains. Nous les avons mises à la suite de cette lettre, et vous en pourrez sans doute tirer un très grand profit. Car elles contiennent la véritable doctrine de la foi, de la patience, et de tout ce qui sert à l'édification de notre âme en Jésus-Christ notre Seigneur.
Je vous envoie cette lettre par Crescens, dont vous savez que je vous ai toujours recommandé le mérite, et que je vous recommande encore particulièrement ; car il a mené une vie tout à fait irréprochable tant qu'il a été parmi nous, et je crois qu'il ne vivra pas avec vous d'une autre sorte. Je vous recommande aussi beaucoup sa sœur, lorsqu'elle sera arrivée en vos quartiers. Je souhaite que vous restiez toujours fidèles à Jésus-Christ, et que sa grâce vous remplisse tous. Amen.
EXTRAIT d'une LETTRE DE SAINT IRÉNÉE A FLORIN QUI ÉTOIT TOMBÉ DANS l'hÉRÉSIE DES VA LEJi'TI.M ENS.'
Ce n'est paslà, ô Florin, la doctrine qui vous a été enseignée par les prêtres (c'est-à-dire par les évoques) qui ont été avant nous, et qui eux-mêmes avoientété instruits dans l'école des apôtres. Car je me souviens qu'étant encore enfant je vous ai vu dans l'Asie Mineure, auprès de Polycarpe, lorsque vous viviez avec tant d'éclat à la cour de l'empereur et que vous faisiez tous vos efforts pour vous insinuerdanslesbonnes grâces de ce saint homme. Je me souviens même beaucoup plus des choses qui se sont passées alors, que de celles qui sont arrivées plus nouvellement, tant il est vrai que ce que nous avons vu dans notre enfance croit en nous à mesure que nous avançons en âge, et s'unit tellement avec notre âme qu'il ne s'en peut plus séparer ; de sorte que je pourrois dire encore quel étoit le lieu où étoit assis le bienheureux Poly-