‹ Œuvres complètes de Racine (volume 2)Chapitre 141 sur 154 · ARCHEVÊQUE D'ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

ARCHEVÊQUE D'ALEXANDRIE

duite dp la sagesse de Dieu ; car je vous dirai au vrai ce qui s'est passi'^. Timothée s'étant mis en fuite, et étant tout rempli de trouble et de frayeur, eut à sa rencontre un paysan qui lui demanda la cause pour laquelle il couroit avec tant de hâte. Timntlu^e lui avoua sincèrement ce qui se passoit. Ce que cet homme ayant entendu, il entra aussitôt dans une maison où il alloit pour se trouver i quelques nori's qu'on y célébroit (car ces sortes de gens ont coutume de passer les nuits entières en ces festins), et il raconta la chose à ceux qui y étoient assemblés et qui s'étoient déjà mis à tal)le, lesquels s'étant levés à l'heure même, et avec autant de promptitude que s'ils en eussent reçu le signal, se mirent à courir d(^ toute leur force, et se vinrent jeter avec de grands cris dans le lieu où nous étions, lequel ayant été aussitôt abandonné des soldats ipii nous gardoient, ces gens s'approchèrent de nous, et nous trouvèrent sur quelques couchettes qui n'étoient couvertes de rien. Quant à moi, Dieu m'est témoin que je les prenois d'abord pour des voleurs qui n'étoient venus que pour piller et que pour faire quelque butin ; et ainsi, sans bouger de dessus le lit où j'étois couché, je commençai à me dépouiller, et, n'ayant laissé sur moi qu'une simple robe de lin, je leur présentois déjà le reste de mes vêtements. Mais ils me commandèrent de me lever et de me retirer au plus tôt. Ce fut alors que, m'apercevant du sujet pour lequel ils étoient venus, je m'écriai en les suppliant avec instance de se retirer eux-mêmes, et de nous laisser en ce lieu ; ou plutôt, .s'ils vouloient nous faire quelque faveur, d'exécuter par avance le dessein de ceux qui nous avoient amenés, et de me couper la tête. Pendant que je m'écriai de la sorte, comme tous ceux qui m'ont suivi et accompagné dans tous mes travaux le savent assez, ces gens me firent lever par force ; mais m'étant ensuite jeté par terre, ils me prirent par les mains et par les pieds, et m'enlevèrent hors de ce lieu. Je fus aussitôt suivi de ceux de mes frères qui ont été les témoins de tout ce que je viens de rapporter, savoir Gaie, Fauste, Pierre et Paul, lesquels, m'ayant pris eux-mêmes cntreleurs bras, m'emportèrent hors de cette petite ville, et, m'ayant fait monter sur un âne qui n'étoit point sellé, me ramenèrent en cet état. Ce sont là les choses que Denis écrit de lui-même.

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