BONS MOTS DU ROI
Le Nonce lui dit que si le Doge et quatre des principaux sénateurs venoient, la République demeureroit sans chef ])our la gouverner; il répondit : » Il n'est pas mal à propos qu'ils les envoyent ici pour apprendre à gouverner mieux qu'ils ne font. »
L'évéque de Metz, revenant, disoit-il, d'un séminaire, oii il étolt demeuré dix jours, parloit avec exagération du désintéressement de tous ces ecclésiastiques, qui ne faisoient aucun cas ni de bénéfices, ni de richesses,
et s'en moquoient même. Le Roi dit : « Ils s'en moquent, vous vous moquez donc bien d'eux. »
L'archevêque d'Ambrun louoit fort, au lever, la harangue de l'abbé Golbert.' Le roi dit à M. de Maulevrier : « Promettez-moi de ne pas dire un mot à M. Golbert de tout ce que va dire l'archevêque d'Ambrun; » et ensuite il dit à l'archevêque : « Continuez tant qu'il vous plaira. »
Lorsque le chevalier de Lorraine fut obligé un jour de se retirer, il dit au Roi, en prenant congé de lui, qu'il ne vouloit plus songer qu'cà soii salut. Quand il fut sorti, !e roi dit : « Le Chevalier songe à faire une retraite, et emmène avec lui le père Nantouillet ». -
Quand je lui eus récité mon discours, il me dit devant tout le monde : « Je vous louerois davantage si vous ne me louiez pas tant. »
Le Roi reconnut dans le régiment de Hautefeuille un passe-volant qui étoit valet de chambre de M. de Hautefeuille, et le Roi le reconnut à ses souliers que son maître avoit portés.
En donnant l'agrément et la dispense d'âge à M. Chopin pour la charge de lieutenant criminel, le Roi lui dit : « Je vous exhorte à suivre plutôt les maximes de vos ancêtres que les exemples de vos prédécesseurs. »
M. Colbert disoit qu'au commencement que le Roi prit connoissance de ses affaires, ce prince lui dit et aux autres ministres : « Je vous avoue franchement que j'ai un fort grand penchant pour les plaisirs; mais si vous vous apercevez qu'ils me fassent négliger mes affaires, je vous ordonne de m'en avertir. »