STRASBOURG
V. Lotychius, p. 514. Un édit de Ferdinand II, qui ordonne aux magistrats et aux habitants de Strasbourg,
scmilui popiiloqiic Argcntinensi , de restituer l'église cathédrale et toutes les églises parochiales, qu'eux ou leurs pères ont usurpées sur les catholiques, et de restituer aussi tous les revenus, décimes, droits, privilèges, meubles, ornements, et généralement toutes choses appartenant légitimement à l'Evèque ou aux ecclésiastiques, de rétablir les catholiques dans le droit de bourgeoisie et tous leurs autres droits et honneurs.
L'archiduc Léopold, fds de Ferdinand, étoit alors évéque de Strasbourg et de Passau.
Il paroit, par cet édit, que dans les premiers troubles d'Allemagne, causés par l'hérésie de Luther, ceux de Strasbourg, ayant de bonne heure embrassé la religion protestante, s'étoient emparés des églises et de la maison épiscopale, avoient ensuite privé les catholiques de tous droits de bourgeoisie, et usurpé tous les biens et revenus ecclésiastiques dans leur ville.
Par l'édit de pacification de Passau, en J550,i il étoit ordonné que les deux religions seroient librement exercées dans toutes les villes, tant libres qu'impériales, et que les protestants ne troubleroieni et n'offenseroient en aucune sorte les catholiques. 11 étoit même arrivé qu'en l'an 1529 et en l'an 15i9, les catholiques à Strasbourg avoient commencé de se remettre en possession de ce qui leur appartenoit. Mais depuis, sans avoir égard à l'édit de Passau, les protestants, en 1.Ô59 et 1561, s'emparèrent tout de nouveau de l'église et de la maison épiscopale, et de toutes les autres paroisses, y niellant des ministres de leur religion; en un mot, défendirent absolument l'usage de la religion catholique, et exclurent