Léopold I
ET N(VrES UISTORinLT.S. 223
non-seuloiiu'iu coiUre les Tartares, mais même coulro les Tm'cs. Kmieluisclii, se voyant sans emploi, et de pins ayant rU- mallraiii' dans un ^M'aud procès (p.i'il avoil eu pour des terres cpii lui appartenoient, conmiença à caha- 1er parmi les Cosaques, à qui la paix étoit insupportable, et surtout au peuple de Russie, à cause des duretés et (les vexations de la noblesse polonoisc. Kniiolnisclii étoil fils d'un noble Polonois, et dans sa jeunesse s'cloit enrôlé dans la milice cosaque, où il s'étoit distingué et étoit monté à la charge de capitaine. (Voir son portrait dans Siri, tome \ll, p. 987; \oir l'origine des Cosaques dans le Voyage de la reine de Pologne, p. 225, et Siri, au même tome et au même endroit.)
C'étoient des brigands sans loi et sans discipline, qui s'amassoient sur les frontières de Russie, pour faire des courses sur les Turcs par la mer Noire. Etienne Battori leur donna des lois, pour s'en servir dans le besoin de la guerre et pour garder les avenues de la Russie. Il les plaça dans les îles du Boristène : ce qui les a fait appeler Cosaques Zaporouschi. Kosa signifie « chèvre », et poro/iï, en langage sclavon, signifie « écueils », à cause du grand nombre d' écueils qui sont dans le lit du Boristène, et qui le séparent en plusieurs petits bras.
Voy. aussi IJenrirus I de Fredro, p.2()i), ouest l'origine et les mœurs des Cosaques.
V. au même endroit, p. 275, la manière de combattre des Tartares.
V. la harangue des ambassadeurs de Pologne au roi Henri III"^, où sont exprimés tous les droits, les avantages et les revenus du roi de Pologne, [page] 119.
Ragotski fut obligé d'abaiulonner Cracovie, pressé par les Polonois, qui avoient reçu du secours de l'Empereur; tandis que le roi de Suède, de son côté, avoit été obligé de courir dans ses États de Brème, attaqués par les Danois. Ragotski, en se retirant de Pologne, fut battu par les Polonois, ([ui l'attendoient dans de certains défilés, d'où il ne ])ul sortir qu'à force d'argent et en signant une paix honteuse. 11 n'en fut pas quitte pour cela. Car, dans sa retraite, il fut encore chargé par les Tartares, eut bien de la peine à se sauver de leurs mains, son général étant demeuré prisonnier avec la meilleure partie de son armée. H revint donc dans ses États, détesté à cause de tant de malheurs dont il avoit été cause, et ne songea plus qu'à fléchir par beaucoup de soumissions et les Turcs et le conseil de l'Empereur, également indignés de l'irruption qu'il avoit faite dans la Pologne, malgré les avis de l'un et sans la permission des autres. Mais surtout le grand visir Kuperli le haïssoit mortellement, parce (ju'autrefois Ragotski lui avoit rendu, à la Porte, de fort mauvais offices, et même lui avoit pensé faire perdre la tête.
Le visir prit donc l'occasion de se venger en l'accusant d'avoir osé, sans la i)ermission du Sultan, faire alliance avec des étrangers, entreprendi-e la guerre, et se retirer de l'obéissance qu'il devoil à la Porte.
Le conseil de Vienne, appréhendant qu'en voulant