VIENNE
Comme le roi de Pologne fut nionlé à clieval pour aller secourir Vienne, la Heine le regardoit en pleurant, et, embrassant un jeune fds qu'elle avoit, le Roi lui dit : « Qu'avez-vous à pleurer. Madame? » Elle répondit : (( Je pleure de ce que cet enfant n'est pas en état de vous suivre comme les autres. » Le Roi s'adressant au Nonce lui dit : « Mandez au Pape que vous m'avez vu à cheval et que Vienne est secourue. »
Après la levée du siège, il a écrit au Pape : « Je suis venu, j'ai vu, et Dieu a vaincu. »
Il avoit mandé à l'Empereur, lorsqu'il étoit encore en chemin, qu'il n'y avoit qu'à ne point craindre les Turcs et aller à eux.
J'ai ouï dire à Monsieur le Prince, aux premières nouvelles de ce siège, que si la tête n'avoit point entièrement tourné aux Allemands, le plus grand bonheur du monde jiour l'Enqiereur étoit que les Turcs eussent assiégé Vienne.
La première nouvelle de la ic\éc du siège a été que
les Turcs avoient été battus. Le jour d'après, on dit qu'ils s'étoient retirés.
Insolence des bourgeois d'Anvers à leur feu d'artifice. Ils ont représenté le Grand Turc, un prince d'Europe' et le diable, ligués tous trois, qu'on a fait sauter, disent-ils, en l'air, avec l'applaudissement de tous les spectateurs.
Les cardinaux ont envoyé à l'Empereur cent mille écus, les dames romaines autant, et le Pape deux fois autant.
Le Roi, dès qu'il eut nouvelle du siège levé, l'envoya dire au Nonce.
Le roi de Pologne joue presque tous les soirs à colinmaillard : on dit qu'on le fait jouer de peur qu'il ne s'endorme.