‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 1 sur 249 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

ajouté : 1° une lettre de M"" de Villette à Boileau ; 2" une lettre de Boileau à M. de Monchesnai; 3° une lettre de Rousseau à Boileau; li° une lettre de l'abbé Tallemant à Boileau; 5° une lettre de Boileau à M. le duc de (Noailles). Les deux premières seront données dans une autre série dont nous parlerons plus loin ; les trois dernières sont tout à fait étrangères à Racine.

Louis Racine a fait précéder cette série d"uu avertissement ainsi conçu :

(( On verra, dans les lettres suivantes, tout commun entre les deux hommes qui s'écrivent, amis, intérêts, sentiments et ouvrages. On verra ainsi mon père plus occupé, à la cour, de Boileau que de lui-même. Cette union, qui a duré près de quarante ans, ne s'est jamais refroidie.

« Les premières lettres furent écrites dans le temps que Boileau étoit allé à Bourbon, où les médecins l'avoient envoyé prendre les eaux : remède assez bizarre pour une extinction de voix. Il Tavoit perdue entièrement, et tout à coup, à la fin d'un violent rhume; et, se regardant comme un homme inutile au monde, il s'abandonnoit à son affliction. Mon père le consoloit, en l'assurant qu'il retrouveroit la voix comme il l'avoit perdue, et qu'au moment qu'il s'y attendroit le moins elle reviendroit. La prédiction fut véritable : les remèdes ne firent rien, et la voix, six mois après, revint tout à coup.

« Les autres lettres sont presque toutes écrites dans le temps que mon père suivoit le roi dans ses campagnes. Boileau ne pouvant, à cause de la foiblesse de sa santé, avoir le même honneur, son collègue dans l'emploi d'écrire cette histoire avoit attention de l'instruire de tout ce qui se passoit. Il lui écrivoit à la hâte et Boileau lui répondoit de même. Ces lettres dans lesquelles ils ne cherchent point l'esprit, font connoître leur cœur. »

Les lettres de cette série ont dû être collationnées sur les originaux, travail qui a été soigneusement fait par M. Berriat-

INTUODUCTION. m

Saint-Prix pour son ùditioiulc lioileau, otque M. Mesnard a non moins soigneusement contrôlé. Une question se pose ici : les lettres de Boiieau ont été revues et corrigées par lui; faut-il les reproduire telles qu'elles ont été écrites primitivement, ou telles qu'elles ont été rctouciiécs par leur auteur? Nous croyons que les éditeurs de Buiicau t'ont i)ii'n do donner les lettres avec les corrections qu'il y a faites après coup. Mais nous avons une double raison d'en agir autrement dans les éditions de Racine : la première, c'est que les lettres de Racine n'ont pas été corrigées, et qu'en rétablissant la première leçon des lettres de Boiieau, nous maintenons une sorte d'égalité entre les deux amis; et la seconde, c'est que nous avons de la sorte l'avantage de ne pas faire absolument double emploi avec les éditions de Boiieau.

Sur les cinquante lettres de la correspondance de Boiieau et de Racine (sans parler de la lettre imprimée au tome VI, p. 353), il y en a quarante-sept dont les originaux ont été déposés à la bibliotiièque du roi par Louis Racine. On verra, par les notes qui sont attachées à chacune de ces lettres, que quatre de ces originaux ne se trouvent plus à la Bibliothèque nationale, et comment ils ont pu être suppléés.

Trois autres lettres (les lettres 1, Jll et XXW) ont été publiées d'abord par Cizeron-Hival : Leilres [amilieres de messieurs Boileau-Despreaux et Brossctlc, Lyon, 1770, t. III, dans le Supplément, et revues sur les autographes par Berriat- Saint-Prix.

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