C'est le dernier mot du feuillet, et le suivant manque
3. Publiée par Cizeron-Rival, Lettres familières, t. III, p. 00 à Oi, sur une copie corrigée par Boileau. Berriat-Saint-l'rix, qui avait l'autographe sous les yeuv, a donné eu variantes les leçons primitives. Cizeron- Rival l'a datée du '20 mai 1089. Tous les éditeurs y ont substitué avec raison la date du 20 mai 1087, qui est en effet dans l'autographe. Cependant Boileau dit qu'il ne s'est point hâté de répondre, et la dislance que la lettre de Racine, datée du 2i mai, avait parcourue était de quatre-vingts lieues. Il est possible que Boileau se soit trompé, et qu'il ait écrit 20 au lieu de 29.
([iiand je témoignois douter du contraire. .Cependant cela ne s'est point en allé.etj'en fus encore hier incommodé considérablement. Je sens que cette difficulté de respirer est au même endroit que ma diflîculté de parler, et que c'est un poids fort extérieur, que j'ai sur la poitrine, qui les cause Pune et l'autre. Dieu veuille qu'elles n'aient pas fait une société indissoluble! Je ne vois que des gens qui prétendent avoir eu le même mal que moi, et qui en ont été guéris; mais, outre que je ne sais au fond s'ils disent vrai, ce sont pour la plupart des femmes ou des jeunes gens, qui n'ont point de rapport avec un homme de cinquante ans; et d'ailleurs, si je suis original en quelque chose, c'est en infirmités, puisque mes maladies ne ressemblent jamais à celles des autres. Avec tout ce que je vous dis, je ne me couche point que je n'espère le lendemain m'éveiller avec une voix sonore; et quelquefois même, après mon réveil, je demeure longtemps sans parler pour m'entretenir dans mon espérance. Ce qui est de vrai, c'est qu'il n'y a point de nuit que je ne recouvre la voix en songe; mais je reconnois bien ensuite que tous les songes, quoi qu'en dise Homère, ne viennent pas de Jupiter, ou il faut que Jupiter soit un grand menteur. Cependant je mène une vie fort chagrine et fort peu propre aux conseils de M. Dodart, d'autant plus que je n'oserois m'appliquer fortement à aucune chose, et qu'il ne me sort rien du cerveau qui ne me tombe sur la poitrine, et qui ne me ruine encore plus la voix. Je suis bien aise que votre mal de gorge vous laisse au moins plus de liberté, et ne vous empêche pas de contempler avec M. de Vauban les merveilles de Luxembourg. * Vous avez raison d'estimer comme vous faites M. de Yauban. C'est un des hommes de notre siècle, à mon avis, qui a le plus prodigieux mérite ; et, pour vous dire en un mot ce que je pense de lui, je crois qu'il y a plus d'un maréchal de France qui, quand il le rencontre, rougit de se voir maréchal de France. - Vous avez fait une grande acquisition en l'amilié de M. d'Espagne, ' et c'est ce qui me fait encore plus déplorer la perte de