‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 166 sur 249 · Sainte-Beuve, Port-Royal, pp. 2GI · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, Port-Royal, pp. 2GI

personne qui se trouva au petit discours que fit l'ecclésiastique de Saint-Sulpice qui avoit accompagné le corps, et qui le présenta, et à la réponse que fit le confesseur de la maison, nommé M. Eustace. Le discours ne fut guère qu'un lieu commun un peu approprié au sujet; mais la réponse y fut toute propre, et mérite d'être retenue. M. Eustace dit donc au sulpicien qu'il avoit ouï avec édification ce qu'il venoit de dire de l'illustre défunt avec justice ; que c'étoit avec quelque justice aussi qu'il avoit souhaité d'être enterré dans la maison où il avoit reçu les premières semences de la religion et de la vérité, qu'il avoit aimées. 11 y ajouia quelques mots sur la tempête qui s'étoit élevée contre la maison, et qui avoit obligé des personnes qui s'y étoient retirées à s'en séparer; que, pour le défunt, les ronces et les épines avoient étouffé pendant un temps ces précieuses semences que son cœur y avoit rerues; mais que comme on avoit lieu d'avoir une humble créance qu'il étoit une de ces heureuses plantes que le Père céleste a plantées lui-même pour ne souffrir jamais qu'elles fussent entièrement déracinées. ' elle avoit repris vigueur et avoit porté son fruit en son temps. 11 fit valoir sa piété, sa patience dans sa longue maladie, son amitié pour la maison, la reconnoissance de la maison pour lui. 11 lui avoit, en effet, rendu des services très-essentiels.

Je n'étois arrivé là qu'environ une heure après le corps, avec le fils, qui avoit eu à s'arrêter à Versailles.

... Depuis quelques jours, le Roi a accordé au fils une pension de mille livres, et autant à la veuve, pour elle et ses enfants encore en bas âge. Il y en a sept en tout. L'aîné avoit la survivance de gentilhomme ordinaire. Il est dans sa vingt-unième année. M"" de Riberpré [Moramher) en a dix-huit à dix-neuf. L'ursuline de Melun, qui est la troisième, en a dix-huit. Il y a une postulante de dix-sept ans à Variville, où sa mère a une sœur prieure. C'est un couvent de Tordre de Fontevrault, près Clerniont-en-Beauvaisis. Il y en a une à Port-Royal, parmi les voiles blancs, pour se préparer à sa première communion, et une d'onze ans près de la mère, avec b cadet de la famille, qui ap-

1. J'ai bien peur, pour le goût de M. Eustace, qu'il n'y ait \\ une légère poiute, une allusion au nom de Racine. (Ste-B.)

CORIlIîSPONDANCE. 281

proclie de sept ans. Pardonnez tout ce détail. Monsieur, à un ami qui s'étend volontiers sur tout ce qui regarde un tel ami, dont ces restes vivants lui sont précieux.

XMV.i

DE L.\ MKRE AGNKS DE S .\ INT E-T 11 l-C.L E A MADAME UACINE.

Ce n mai 1G90.

Gloire à Dieu, etc.

Je suis bien aise, ma très-chère nièce, du don que le Roi vous a fait. 11 n'importe guère que ce soit à vous ou ;\ vos enfants : une bonne et sape mère comme vous aura toujours bien soin d'eux. Tout ce que je vous demande, c'est de vous conserver ; car que seroit-ce si vous veniez à leur manquer? Tâchez donc de vous consoler et de vous fortifier, en regardant Dieu, qui est le protecteur des veuves et le père des orphelins. J'ai besoin, aussi bien que vous, de me tourner vers Dieu pour ne pas trop ressentir cette séparation.

DE M. VUILLAUD A M. D H l' RÉFONT A INE.

9 juillet IGOO.

Le discours que M. de Valincour a fait le jour de sa réception à l'Académie françoise en la place de M. Racine est très-beau... La réponse du directeur de l'Académie au compliment de M. de Valincour est belle aussi. On a joint l'une à l'autre. M. de La Chapelle, receveur général des finances de la Rochelle, est ce dlrec-

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