‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 34 sur 249 · L'autographe existe ci la Bibliotlièquo nationale · texte numérisé non relu

L'autographe existe ci la Bibliotlièquo nationale

je n'y étois cntri^, c'ust-à-dire la poitrine beaucoup plus dégagée, Jes jambes plus légères, l'esprit plus gai : et même mon laquais m'ayant demandé (juelq'je cliose, je lui ai répondu un non ù pleine voix, qui l'a surpris lui-même, aussi bien qu'une servante •qui étoit dans la chambre ; et pour moi, j'ai cru l'avoir prononcé par cncliantement. Il est vrai que je n'ai pu depuis rattraper ce ton-là; mais, comme vous voyez, monsieur, c'en est assez pour me remettre le cœur au ventre, puisque c'est une preuve que ma voix n'est pas entièrement perdue, et que le bain m'est trèsbon. Je m'en vais piquer de ce cùté-li, et je vous manderai le succès. Je ne sais pas pourquoi M. Fagon a molli si aisément sur les objections très-superstitieuses de M. Bourdior. ' 11 y a tantôt six mois que je n'ai eu de véritable joie que ce soir. Adieu, mon cher monsieur, je dors on vous écrivant. Conservez-moi votre amitié, et croyez que si je recouvre la voix, je l'emploierai à publier à toute la terre la reconnoissance que j'ai des bontés que vous avez pour moi, et qui ont encore accru de beaucoup la véritable estime et la sincère amitié que j'avois pour vous. J'ai été ravi, charmé, enchanté du succès du quinquina; et ce qu'il a fait sur notre ami Hessein m'engage encore plus dans ses intérêts -que la guérison [de ma fièvre] double-tierce.

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