La lettre que Racine annonce ici manque
nOtl.EAi; A RACINE.
A Paris, 25 mars [169IJ.5
Je ne vo3ois proprement que vous pendant que vous étiez à i'aris; et depuis que vous n'y êtes plus, je ne vois plus pour ainsi dire personne. N'attendez donc pas que je vous rende nouvelles pour nouvelles, puisque je n'en sais aucunes. D'ailleurs, il n'est guère fait mention à Paris présentement que du siège de Mons , dont je ne crois pas vous devoir instruire. Les particularités que vous m'en avez mandées m'ont fait un fort grand plaisir. Je vous avoue pourtant que je ne saurois digérer que le roi s'expose comme il fait. C'est une mauvaise habitude qu'il a prise, dont il devroit se guérir; et cela ne s'accorde [pas] avec cette haute prudence qu'il fait paroitre dans toutes ses autres actions. Est-il possible qu'un prince qui prend si bien ses mesures pour assiéger Mons, en prenne si peu pour la conservation de sa propre personne? Je sais bien qu'il a pour lui l'exemple des Alexandres et des Césars, qui s'exposoient de la sorte; mais avoieut-ils raison de le faire? Je doute qu'il ait lu ce vers d'Horace :
Decipit exemplar vitiis imitabile. '
Je suis ravi d'apprendre que vous êtes dans un couvent, en même cellule que M. de Cavoie; * car, bien que le logement soit un peu étroit, je m'imagine qu'on n'y garde pas trop étroitement les règles, et qu'on n'y fait pas la lecture pen-