‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 75 sur 249 · L'abbé Jacques Boileau · texte numérisé non relu

L'abbé Jacques Boileau

4. Gilles et Nicolas Dongois, l'un clianoine, l'autre greffier de la grand'cbambre du parlement, neveu\ de Boileau, et frères de M"" de La Chapelle.

(lu roi. C'est à vous de faire vos sollicitations, soit par M. de Pontchartrain le fds, soit par M. l'abbé Bignon.* Croyez-vous que vous fissiez mal d'aller vous-même une fois chez lui? Il est bien intentionné ; la somme est petite ; enfui ou m'assure qu'il faut presser, et qu"il n'y a pas un moment à perdre. Quand vous aurez arraché cela de lui, il ne vous en voudi'a que plus de bien. 11 faudroit aussi voir ou faire voir AI. de Bie,' qui est le meilleur homme du monde, et qui le feroit souvenir de nous quand il fera l'état de distribution.

Au reste, j'ai été obligé de dire ici, le mieux que j'ai pu, quelques-uns des vers de votre satire à M. le Prince. Nosti homincm. Il ne parle plus d'autre chose, et il nie les a redemandés plus de dix fois. M. le prince de Conti ' voudroit bien que vous m'envoyassiez l'histoire du lieutenant-criminel, dont il est surtout charmé. M. le prince et lui ne font que redire les deux vers : La mule et les chevaux au marché,^ etc. Je vous conseille de m'envoyer tout cet endroit, et quelques autres morceaux détachés, si vous pouvez : assurez-vous qu'ils ne sortiront point de nies mains. M. le Prince n'est pas moins touché de ce que j'ai pu retenir de votre ode. Je ne suis point surpris de la prière que M. de Pontchartrain le fils vous a faite en faveur de Fontenelle. Je savois bien qu'il avoit beaucoup d'inclination pour lui; et c'est pour cela même que

1. Jean-Paul Bignon, petit-fils de Jérôme Bignon, et neveu de Pontchartrain. Il avait l'inspection de l'Académie des médailles.

•2. Il en a déjà été parlé lettre XXVII.

3. François-Louis de Bourbon, d'abord prince de la Roche-sur- Yon, puis prince de Conti, à la mort de son frère aine, en 108.5.

■4. Satire X, vers 285. Le vers a été retouché :

Les deux cfiecaux, la mute, au marclié s'envolèrent.

M. de La Loulx'Te ' ii'oii a guère; mais enfin vous avez très-bien répondu, et, pour peu que Fonlenelle se reconnoisse,- je vous conseillerois aussi de lui faire grâce. Mais, à dire vrai, il est bien tard, et lastance' a fait un furieux progrès.

Je n'ai pas le temps d'écrire ce matin à AI. de La Chapelle. Ayez la bonté de lui dire que tout ce qu'il a imaginé, et vous aussi, sur l'ordre de Saint-Louis, nie paroît fort beau; mais que pour moi, je voudrois simplement mettre pour type la croix même de Saint-Louis, et à la légende : Ordo inililaris,'' etc. Chercherons-nous toujours de l'esprit dans les choses qin' vn demandent le moins? Je vous écris tout ceci avec une rapidité épouvau-

1. Simon de La Loubùiv, prot(5gû par M. do Pontchartrain, fut ùlu membre de l'Académie française en t693 et reçu le 25 août de la même année; il était mccoiitciit de l'iiitérùt que les Pontchartrain prenaient aussi à Fontenellc. La Lnubérc fut charge d'affaires à Strasbourg en 1678, envoyé extraordinaire vers le roi de Siam en 1G87 et 1088; il est mort le 20 mars 17'i9, à Toulouse, où il était né en mars IGW. On a de lui : Du royaume de Siam. Paris, 101)1, et Anistcrdaui, 1714, 2 vol. in-12,

2. C'est-à-dire: revienne i de meilleurs sentiments, reconnaisse ses torts, comme dans la lettre do la sœur A^nés de Saiiitc-Tliècle à. Racine (t. VII, p. ill) : u On leur interdit (aux comédiens) l'enlréo de l'église et la communion des fidèles, même à, la mort, h moins qu'ils no se reconnolssenl. » M. Mesnard entend : « Pour peu que Fontenelle se reconnoisse » dans la strophe de lioileau, en supposant que lioileau ne le dé-igiiait que par l'initiale F...; mais comme ce vers est à la rime,

Que, loué de Fontenelle, Raser, timide hirondelle, La terre comme Perrault.

Il était difllcile que Fontenelle ne se reconniit pas. Les lecteurs familiers avec la langue du wit'- siècle décideront, croyons-nous, que le vrai sons est celui que nous donnons.

3. Celle qui devait être la deuxième de l'Ode sur Namur. Voyez dans cotte collection les OEuvres complètes de Boileau, t. III, page 10, note I :

Un torrent dans les prairies...

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