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Le voyage est proloniré de trois jours, et on deiiieurera ici ]'us(|u'à imuli prucliain. ' Le |)rétexle est la rougeoie de M. le comte de Toulouse," mais le vrai est apparenimeiu que le roi a pris goiit à sa conquête, et qu'il n'est pas fâché de l'examiner toul à loisir. Il a déjà considéré toutes les rortifications l'une après l'autre, est entré jusque dans les contre-mines du chemin couvert, qui sont fort belles, et surtout a été fort aise de voir ces fameuses redoutes entre les deux chemins couverts, les- ((uelles ont laiil donne de peine à M. de Vauban. Aujourd'hui le roi va examiner la circonvallation , c'est-à-dire faire un tour de sept ou huit lieues. Je ne vous fais point ici le détail de tout ce qui m'a paru ici de merveilleux ; qu'il vous suffise que je vous en rendrai bon compte quand nous nous verrons, et que je vous ferai peut-être concevoir les choses comme si vous y aviez été. M. de Vauban a été ravi de me voir, et, ne pouvant pas venir avec moi, m'a donné un ingénieur qui m'a mené partout. Il m'a aussi abouché avec M. d'Espagne, gouverneur de Thionville, qui se signala tant à Saint-Godard,' et qui m'a fait souvenir qu'il a\oit souvent bu avec moi à l'auberge de M. Poignant,^ et que nous étions, Poignant et moi, fort agréables avec feu M. de Eernage,évêque de Grasse. Sérieusement, ce M. d'Espagne est un fort galant honnne,et il m'a paru un grand air de vérité dans tout ce qu'il m'a dit de ce combat de Saint-Godard. Mais, mon cher monsieur, cela ne
1. C'est-à-dire jusqu'au lundi '26 mai, jour où le roi partit de Luxembourg. Le départ avait été d'abord annoncé pour le 23.
2. Louis-Aloxandre, comte de Toulouse, troisième fils de Louis XIV et de M""^ de Mcntespan, né le (j juin 1078, mort en 1737.