Var. : La vague
AU ROY
Malgré tes ennemis exercer ta vertu!
Puisse estre à ta grandeur le destin si propice Que ton cœur de leurs traicts rebouche la malice, Et, s’armant contre toy, puisses-tu d’autant plus De leurs efforts domter le flus et le reflus,
Et comme un saint rocher oposant ton courage.
En escume venteuse en dissiper l’orage.
Et, brave, t’eslevant par dessus les dangers,
Estre l’amour des tiens, l’effroy des estrangers !
Attendant que ton fils, instruit par ta vaillance. Dessous tes estendars sortant de son enfance,
Plus fortuné que toy, mais non pas plus vaillant, Aille les Othomans jusqu’au Caire assaillant;
Et que, semblable à toy, foudroyant les armées,
Il cueille avecq le fer les palmes IduméesU
Puis, tout flambant de gloire, en France revenant, Le Ciel mesme là-haut de ses faicts s’estonnant,' Qu’il espande à tes pieds les despouilles conquises. Et que de leurs drapeaux il pare nos Eglises.
Alors, rajeunissant au récit de ses faicts.
Tes désirs et tes vœuz en ses œuvres parfaits.
Tu ressentes d’ardeur ta vieillesse eschauffée. Voyant tout l’univers nous servir de trophée.
Puis, n’estant plus icy chose digne de toy.
Ton fils du monde entier restant paisible Roy,
Souz tes mod elles sainctz et de paix et de guerre Il régisse puissant en justice la terre.
Quand, après un long temps, ton esprit glorieux Sera des mains de Dieu couronné dans les Cieux.