SUR LA NATIVITÉ DE NOSTRE SEIGNEUR
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X ouR le salut de Punîvers AujourdTxuj les cieuz sont ouvert».
Et par une conduite immense La grâce descend dessus nous.
Dieu change en pitié son courroux.
Et sa justice en sa clémence.
Le vray Fils de Dieu tout-puissant^ Au fils de l'homme s'unissant En une charité profonde, Encor qu'il ne soit qu'un enfant, Victorieux et triomphant, De fers affranchit tout le monde/
Dessous sa divine vertu Le péché languit abbatu, Et de ses mains à vaincre expertes Etouffant le serpent trompeur.
Il nous assure en nostre peur Et nous donne gain de nos pertes.
Fo£siE8 SPIRITUELLES. 211
Ses oracles sont accomplis, Et ce que par tant de replis D'âge promirent les prophètes Aujourd'Jmy se finit en luy.
Qui vient consoler nostrc ennuy , En ses promesses si parfaites.
Grand Roy, qui daignas en naissant Sauver le monde périssant.
Comme père, et non comme juge.
De grâces comblant nostre Roy, Fay qu'il soit des meschans Teffroy, Et des bons l'assuré refuge.
Qu'ainsi qu'en esté le soleil, D dissipe, aux rays de son œil.
Toute vapeur et tout nuage; Et qu'au feu de ses actions Se dissipant les factions, D n'ayt rien qui lui fasse ombrage.
FIN
211 POLSIES SPIRITUELLES,
SONNET
kJ Dieu, si mes péchez irritent ta fureur, Contrit, morne et dolent, j'espère en ta clémence. Si mon deuil ne suffît à purger mon offense, Que ta grâce y supplée et serve à mon erreur.
Mes esprits éperdus frissonnent de terreur.
Et, ne voyant salut que par la pénitence.
Mon cœur, comme mes yeux, s'ouvre à la repentance. Et me hay tellement que je m'en fais horreur.
Je pleure le présent, le passé je regrette; Je crains à l'avenir la faute que j'ay faite; Dans mes rebellions je lis ton jugement.
Seigneur, dont la bonté nos injures surpasse, Comme de père à fils uses-en doucement.
Si j'avais moins failli, moindre serait ta grâce.
SONNET
Qy
JyAND dévot vers le ciel j'ose lever les yeux, Mon cœur ravy s'émeut, et, confus, s'émerveille. Comment, dis-je à part moy, cette œuvre nompa- Est-elle perceptible à l'esprit curieux ? [reille
POésiES SPIRlTCr£Lt£S. 213
Cet astre, ame du monde, œil unique des cieux, Qui travaille en repos et jamais ne sommeille, Père immense du jour, dont la clarté vermeille Produit, nourrit, recrée, et maintient ces bas lieux
Comment t^eblouis-tu d'une flamme mortelle.
Qui du soleil vivant n'est pas une estincelle. Et qui n'est devant luy sinon qu'obscurité?
Mais si de voir plus outre aux mortels est loisible, Croy bien, tu comprendras mesme l'infinité.
Et les yeux de la foi te la rendront visible.
SONNET
v^EPENDANT qu'en la croix, plein d'amour infinie. Dieu pour nostre salut tant de maux supporta Que par son juste sang nostre ame il racheta Des prisons où la mort la tenait asservie.
Altéré du désir de nous rendre la vie :
J'ay. soif, dit-il aux Juifs. Quelqu'un lors aporta Du vinaigre et du fiel et le luy présenta ; Ce que voyant sa mère en la sorte s'écrie :
Quoy, n'est-ce pas assez de donner le trépas A ccluy qui nourrit les hommes icy bas.
Sans frauder son désir d'un si piteux breuvage?
Venez, tirez mon sang de ces rouges canaux.
Ou bien prenez ces pleurs qui noycnt mon visage : Vous serez moins cruels, et j'auray moins de maux.
214 POisiES SFIltlTVBLLBa.
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