‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 2)Chapitre 74 sur 178 · ST ACE · texte numérisé non relu

ST ACE

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Stace [P. Slatius Papinius'f a vécu sous Domilieu. Martial ne parte jamais de lui , quoiqu'ils vécussent à Rome en même temps. On croit que cela venait de jalousie , parce que Stace plaisait fort 6 Domilien par son extrême facilité à foire des vers sur-le-champ.

Nous avons de Stace deux poèmes héroïques : la Tttebaule en douze livres, et V Achille ide qui n'a que deux livres, parce que la mort l’a empêché de l'achever. Il les a adressés l'un et l'autre à Domitien, après la guerre des Daces. Nous avons encore cinq livres de Sylves, ou de plusieurs petits poèmes sur divers sujets , dont beaucoup ont pour objet de Oattcr Domitien.

Ses poésies furent estimées de son temps à Rome. Juvénal marque le concours extraordinaire avec lequel on allait les entendre , et les applaudissements qu’on leur donnait.

Curritur ail voceni juound.im, et carmen amies Tbebaïdos, Islam fecitquum Slatius urbem , Pronmflque diem : tanlâ dulcedlne captos Adficit ille animos, laulAquc libidine vulgi \udllur *.

Les vers qui suivent, s'il faut les prendre à la lettre, et s’ils ne sont pas une de ces hyperboles familières à Juvénal, nous apprennent que Stace était pauvre , et qu'après avoir acquis bien de la réputation par sa Thébatdc, il était obligé de faire des pièces de théâtre , et de les vendre â des comédiens pour pouvoir vivre.

Sed quurn fregil sobwDia »er»o ,

Esurit , inlactam l’aridi nisi vendat Agavcn.

Jules Scaliger prétend qu’il n’y a ni parmi les anciens ni parmi ,les modernes aucun auteur qui ait tant approché de Virgile que Stace, et il ne fait point difficulté de lui donner la préférence sur tous les poètes héroïques, grecs et latins, soutenant qu’il fait de meilleurs vers qu'Homère même. Un tel jugement marque bien que cet illustre critique n’avait pas

1 Lib. 3, sat. &

tant de justesse d’esprit que d’érudition. Souvent l’une nuit & l’autre.

Slace, aussi bien que Lucain et Silius Italiens, a traité son sujet plutôt en historien qu’en poêlé, sans s'attacher à ce qui fait l'essence et la constitution d’un véritable poème épique. Pour la diction et la versification, en cherchant trop à s'élever et à paraître grand, il donne dans l’enflure et devient ampoulé.

VALX.IC5 TLACCUS.

Comme le règne d’Auguste a porté les plus excellents des poètes latins, aussi celui de Domilien nous a donné les plus considérables d’entre les poêles du second ordre.

C. Valtrius Flaccus Setinus Balbus. Ce poète était né i Sétia, ville de Campanie, mais avait fixé sa demeure à Padoue.

Nous avons son poème héroïque du voyage des Argonautes, divisé en huit livres. 11 fut commencé sous Yespasien, à qui il est adressé : une mort prématurée empêcha l’auteur de l’achever. Les plus habiles gens ont une opinion assez médiocre de cet ouvrage , parce qu’ils y trouvent diverses foutes contre les règles de l’art, point de grâce et de beauté, et un style qui, pour avoir affecté une grandeur mal soutenue, devient froid et languissant. Quintilien néanmoins dit que la poésie latine avait beaucoup perdu par sa mort , qui arriva dans les dernières années de Domilien ’. Multiim in Valerio Flacconuper amisimus.

Martial lui écrit comme é son ami , et l’exhorte à quitter la poésie pour plaider, et foire quelque métier auquel il puisse gagner plus d’argent qu'à courtiser les Muses, de qui il n’a rien à attendre que de vaines couronnes et de stériles louanges , qui le laisseront à jeun et dans la misère.

Pierios difler cantusque eborosque sororum :

Æ * dabit ex illis nulia puella liW

Præler aquas Hclicon, et séria, lyrasque dearum,

Nil babel, el magnum, sed permane sopbos *.

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