‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 3)Chapitre 62 sur 125 · Ilcâpccl pour les vieillards · texte numérisé non relu

Ilcâpccl pour les vieillards

l'nc des leçons qu’on inculquait le plus souvent et le plus fortement aux jeunes Lacédémoniens , était d’avoir un grand respect pour les v ieillards et de leur en donner des marques en toute occasion, en les saluant, en leur cédant le pas dans les rues , en se levant par honneur devant eux dans les compagnies el dans les assemblées publiques , mais surtout en recevant avec docilité cl soumission leurs avis et même leurs réprimandes. On reconnaissait A ce caractère un Lacédémonien. Kn user autrement , c’eût été SC dégrader soi-méme el faire injure A sa patrie. Un vieillard d’.Vlhènes entrant dans le IhéAlre pour assister aux spectacles , aucun de ses compatriotes ne lui offrit de place. Dès qu’il np.procha de l’endroit où étaient assistes ambassadeurs de Ijicédémone avec leur suite, tous SC levèrent devant le vieillard cl le

‘ AauafftfiÇooTOf, e’cil-c-dlrc, dompteu4e d'hommes.

* MaOr.CWftSWff TÜV ^8t073^«T«V TÔ XOtAÀtffTPV, a^-

yjirOai xai «px***^* ( PLüT. in Jf/esi/., pag. 606. )

i Plu(. Id LacoQ lobütul. pag. 237.

plarèrenl au milieu d’eux. Lysandre ' avait donc raison de dire que la vieillesse n’avait nulle part de domicile si honorable que dans la ville de Sparte , cl qu’il était beau d’y vieillir.

i II. — Choses blâmables da?is les lois

DE LTCDSGL'B.

Pour mieux faire sentir le faible des lois de Lycurgue, je n’aurais qu’à les comparer à celles de Moïse , qu’on reconnaît bien avoir été dictées par une sagesse plus qu’humaine. Mais mon dessein n’est pas d’entrer ici dans un dé> (ail exact de tout ce qui pourrait être blâmé dans les ordonnances de Lycurgue : je me contenterai de quelques légères réflexions que le lecteur, sans doute, justement blessé et révolté par le simple récit de quelques-unes de ces ordonnances , aura déjà faites avant moi.

1. Sor le choix des enfants qui devaient être élevés ou exposés.

En effet , pour commencer par le choix des enfants qui devaient être élevés ou exposés , qui ne serait choqué de l’injuste et barbare coutume de prononcer un arrêt de mort contre ceux des enfants qui avaient le malheur de naître avec une complexion trop faible cl trop délicate pour pouvoir soutctiir les fatigues et les exercices auxquels la république destinait tous ses sujets? Est-il donc impossible et cela est-il sans exemple , que des enfants , faibles d’abord et délicats, se fortiGent dans la suite de l’âge et deviennent même très-robustes? Quand cela serait, n’est-on en état de servir sa patrie que par les forces du corps? cl comple-b-on pour rien la sagesse , la prudence, le conseil , la générosité , le courage , la grandeur d’âme , en un mot, toutes les qualités qui dépendent de l’esprit? Omntnd illud honestum, quod ex animo excelso tnagnificoque quœrimus , animi efficitur non corporis viribus ■. Lycurgue lui-même a-t-il rendu moins de services et fait moins d’honneur à Sparte , par l'établissement de ses lois , que les plus grands

* « Lysandrum Laccdœtnonium diccre aiant solümn :

» Laccdæmone esse bonestissimum domii ilium seiieclu- ^ Us.» (Cic. de senect., n. 63.) Ev Aaxi^aiiiovt x«).).iotcc Yr,püvt. (Plot, in Moral., pag. 795, )

> üc. OflSc.Ub.l.n.Tâ.

capitaines par leurs victoires? Agésilas élaii d’une taille si petite et d’une mine si peu avantageuse , qu’à sa première vue les Égyptiens ne purent s’empêcher de rire : et ceppch danl il avait fait trembler le grand roi de Perse jusque dans le fond de son palab.

Mais ce qui est plus fort que ceque je viens de rapporter, un autre a-l-4l quelque droit sur la vie des hommes, que celui de qui ils l’onl reçue, c’est-à-dire de Dieu méme?elUn législateur n’usurpe-t-il pas visiblement son auloj[ité, quand, iiidépendammentde lui, il s’arroge un tel pouvoir? Cette ordonnance^ Décalogue, qui n’était autre chose que le tenouvcllement de la loi naturelle, lu ne tui/fns poùU, condamne généralement tous ceux^cs anciens qui croyaient avoir drditde de mort sur leurs esclaves et même sur leuf^imfunls.

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