‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 1 sur 298 · PAR M. SAINT-ALBIN BER VILLE · texte numérisé non relu

PAR M. SAINT-ALBIN BER VILLE

AVOCAT A LA CUtR IOTAIE PA PARIS.

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La nature commence l'homme, et r éducation l’achète. Par elle ses facultés deviennent des talents, ses penchants des vertus; par elle se perpétuent d’àge en âge, avec les traditions de la science , les leçons de la sagesse. Aussi, dans l’antiquité, voyonsnous l’éducation exciter constamment la sollicitude des philosophes et des législateurs. Lycurgue fonde sur son pouvoir les lois qu'il donne à son peuple ; Platon, le code qu'a rêvé son génie : magistrat et père à la fois, Caton honore la pourpre consulaire par les fonctions d’instituteur. Et certes, s’il est un art digne de l'estime des sages, c’est celui qui se propose pour objet la perfection de l’homme : art aussi grand dans son but qu’immense dans ses détails; d’autant plus noble, qu’il n’offre point, pour les soins qu’il commande, pour les devoirs qu’il impose. le dédommagement flatteur de la célébrité; tant plus délicat , qu’il faut montrer la vérité à des yeux faibles encore , éclairer l’intelligence sans instruire les passions , et préparer les triomphes de la vertu sans altérer la sécurité de l’innocence !

Rollin servit l’enseignement par ses travaux ; il honora sa carrière par des talents et des vertus. Pour le louer, il suffit de raconter ce qu’il a fait , de montrer ce qu’il a été. Je n’offenserai point par le faste de mes louanges la mémoire d’un sage ; je

TBAITÉ DES ÉT.

parlerai souvent de sa bonté, et sans doute son ombre ne repoussera point ccl éloge.

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