‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 40 sur 298 · FILLE PISTAS IS MATREM · texte numérisé non relu

FILLE PISTAS IS MATREM

Prælor mulierem sanguinis ingenui, damnalam rapitali crimine apud tribunal siium, tradidil triumviro necandam in carcere1 * 3. Is qui custodiæ præeral, misericordià motus, non eam protinùs strangulavit. Quin etiam permisit ejus fili® ingredi ad matrem, sed pnstquam eiplorasset eam diligenter, ne forlè cibum aliquem inferret, eiislimans fulurum ut inediâ ronsumeretur. Quumautemjam dies plures efïluxissent, miralus quôd lam diù viveret, curiosiùs observai;! filiâ, animadvertit ejus lacté matrem nulriri. Quæ res tam admirabilis ad judices perlata remissionem pœnæ mulieri impctravil. Nec tanlùm malris salus donata filiæ pietali est3, sed ambæ perpctuis aiimentis public» sumplu sustentât® sunt, et carccr ille, exstructo ibi pietatis temple, consecratus. Quô non pénétrât, aut quid non cxcogilat pietas, quæ in carcere servandæ genitricis novam ralionem invenil ! quid enim tam inusilatum, quid tam inauditum, quàm matrem nalæ uberibus alilam fuisse? Putaret aliquis hoc contra rerum naturam factum, nisi dlligere parentes prima naturæ lex esset.

J'ai laissé exprès un peu plus de difficulté dans la dernière histoire, parce qu’à mesure que les enfants avanceront dans l’intelligence du latin, il faut que ce qu’on leur fera exnliquer soit plus difficile.

1 Ex jElian llb. 5, c. 6.

1 El Veter. Mu. lib. 5, cap. 4, n. 7,

1 Plia. Illst. nal. lib. 7, cep. 30.

TRAITÉ DES ET

< •* «ÜN»

Je prie les maîtres qui sont chargés de l'éducation des enfants, avant qu'ils entrent au collège, de vouloir bien examiner sans prévention et s'assurer par l’épreuve même si cette manière d'instruire n’est pas plus courte, plus facile, plus sûre que celle qu'on emploie ordinairement en leur faisant d’abord composer des thèmes. Les mêmes règles reviennent ici et leur sont souvent répétées, mais avec celle différence, qu’ils en trouvent l’application toute faite dans les auteurs qu’ils expliquent, au lieu qu’ils sont obligés de la faire eux-mêmes dans les thèmes ; ce qui les expose, comme je l’ai déjà observé, à faire bien des fautes, et à souffrir beoucoup de réprimandes et de punitions. Je ne puis m'empêcher, en consultant le bon sens et la droite raison, de croire que des enfants accoutumés ainsi à expliquer pendant six ou neuf mois, et è rendre compte ensuite de leur explication, soit de vive voix, soit par écrit, ou plutôt de l'une et de l'autre manière, seront bien plus en état après cela de commencer à faire des thèmes, si l’on le juge à propos, et d'entrer en sixième.

Je dois encore avertir les maîtres chargés de donner aux enfanLs les premières instructions, d'être fort attentifs à leur faire prendre un ton naturel en lisant, en expliquant et en récitant leurs leçons. J'appelle un ton naturel celui dont on se sert ordinairement dans la conversation, en parlant à un ami, en faisant un récit ; et il serait pour lors ridicule de crier à pleine tête, comme il est assez ordinaire aux enfants de le faire. Je sais par expérience combien il en coûte dans la suite pour les corriger de ce défaut, dont ils conservent toujours quelque chose dans leur prononciation.

De ce qu'il bat observer en sixième et en cinquième.

Le travail des basses classes, par rapport à l'intelligence de la langue latine, consiste dans l’explication des auteurs, dans la composition des thèmes et dans la traduction. J’ai traité ce dernier point ailleurs : je parlerai ici des deux autres.

De l'explication des eutears.

On se plaint avec raison que les auteur latins manquent pour la sixième et pour la cin-

quièmc. Ceux qu'on y peut utilement expli- < quer se réduisent à deux ou trois: l'hédre, Cornélius Népos, Cicéron ; car je ne sais si l'on doit mettre de ce nombre Aurélius Victor et Eulrope, qui sont des abrégés assez informes de l'histoire romaine, remplis ordinairement d'un grand nombre de noms propres et de dates de chronologie, fort capables de rebuter les enfants qui commencent à étudier le latin. On pourrait même douter si les épi— très de Cicéron sont bien propres pour ces classes, parce qu'elles sont un peu sérieuses, et souvent obscures et difficiles. Quoi qu'il en soit, ces auteurs se réduisent à trois, et ne suffisent pas pour res deux classes, surtout en supposant que les enfants entrent dans la première déjà un peu formés à l'explication.

On y peut, ce me semble, facilement suppléer, en tirant de Cicéron, de Tite-Live, de César, et d'autres auteurs pareils, des endroits choisis, soit pour l'histoire, soit pour la morale , et en les accommodant à la portée des enfants. Sénèque, Pline, et Valère Maxime, quoique moins purs, pourront aussi fournir des histoires et des maximes, que l'habileté de ceux qui les prépareront réduira à un style plus clair cl plus pur. J'en donnerai ici quelques essais.

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