DU MYSTERE DE LA REPROBATION DES MECHANS
An pedes £ancti Augustini et Thomæ provolutus, paratus omnia ignorare utillum sciam quiest scientia Patris, Christum crucifixum, quamquam quæ scripsi non dubito vera, quia nihil video quod deeorum veritate solidam possit facere dubitationem; eum tamen non omnia video, et tamreconditum mysterium est clarius quam ut fixe ab oculis meis nycticoracis inspici possit, si postea contrarium appareret ‘quod numquam futurum existimo), imo simedamnatum (quod absit, Domine Jesu) scirem voluntate quam in Deo ponit Thomas (Summaæ, p. 1, q. 23, “art. 3, ad 30) ut ostenderet justitiam suam; libenter obstupescens et suscipiens altissimum Judicem, post Prophetam dicerem : Nonne Deo subjecta erit anima mea (Psal, Lx1, 29)? Amen, Pater, qui sic placitum est ante te, fiat voluntas tuu (Matth. xr, 26, et vi, 10); et hoc in amaritudine animæ meæ toties dicerem, donec Deus mutans vitam meam et sententiam suam responderet mihi : Confide, fili, nolo mortem peccatoris, sed magis ut vivat (Ezech.,xx11,44),nonmortui laudabunt me,nequeomnes qui descendunt in infernum (Psal.cxux, 17): te, fili, ut cætera omnia, propler memetipsum feci (Prov. xv, 4) : non est voluntas mea nisi sanctificatio tua (1.
Thess. 1v, 3) : Nihil odit anima mea
Prosrerné aux pieds de S. Augustin et de S. Thomas, le cœur disposé à ignorer tout le reste, pourveu que je cognoisse Jesus-Christ crucifié, qui est la science du Pere; bien que je tienne pour veritables les maximes que j'ay escrites à cet esgard, puisque je ne vois rien qui puisse me donner subjet d’en revoquer en doubte dela verité; cependant, comme beaucoup de choses eschappent à ma veuë, et qu'un mystere si haut est trop esblouissant pour pouvoir estre fixé et veu à fond par mes foibles regards, si plus tard le contraire de ce qui me paroist vray se monstroit à moi, ce qui, je l'espere, n’arrivera jamais, si je savois (Ô Seigneur Jesus!
esloignez de moi ce malheur), si je savois estre condamné à l’enfer par cette volonté que S. Thomas suppose en Dieu pour faire ressortir sa justice envers le pecheur, je courberois ma teste sous Ja sentence du Tres-Haut, et je dirois du fond .de mon cœur, avec le Prophete : Mon ame ne sera-t-elle pas sousmise à Dieu? Oui, Pere celeste, puisqu'il vous a plu qu’il en fust ainsi, que vostre, volonté s'accomplisse. Et, dans l’amertume de mon ame, je repeterois si constamment les mesmes parolles, que Dieu, changeant l’estat de mon ame et sa sentence tout à la fois, finiroit par me respondre : Aye confiance , mon fils, je ne veux pas la mort du pecheur, mais plutost sa vie; les morts,nitousceux qui descendent dans