‹ Œuvres complètes de saint François de Sales (volume 5)Chapitre 67 sur 158 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

CELLE qui, par injure, malediction, ou reproche de crime, offensera une autre, qu'elle se ressouvienne de reparer au plus tost par satisfaction, la faute qu’elle a commise; et celle qui a esté offensée, de pardonner sans contention. Que si elles se sont reciproquement offensées, elles se doivent pardonner l'une à l’autre, à cause de vos prieres, lesquelles doivent estre d'autant plus sainctes, qu’elles sont plus frequentes. Or, celle-là est meilleure, laquelle, bien qu’elle soit souvent tentée de courroux, se haste toutesfois d’impetrer le pardon de celle à laquelle elle cognoist d’avoir fait l’injure, que n’est pas celle qui est plus tardive à se courroucer, et plus mal-aysement aussi se laisse persuader de demander pardon. Celle qui ne veut pardonner à sa Sœur, ne doit point esperer de recevoir le fruict de l’orayson ; mais celle laquelle ne veut jamais demander pardon, ou qui ne le demande pas de bon cœur, est en vain dans le Monastere, quoy qu'on ne la rejette pas d’iceluy. Et partant, gardez-vous des parolles dures, lesquelles si elles sont proferées par vostre bouche, qu'il ne vous fasche point de produire les remedes par la mesme bouche qui a fait la blesseure.

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