‹ Œuvres complètes de saint François de SalesChapitre 290 sur 355 · COMMANDEMENT IV · texte numérisé non relu

COMMANDEMENT IV

Pere el mere honoreras.

Pour les enfans.

Manquer à porter honneur et respect aux peres, meres, tuteurs et proches parens.

Leur tesmoigner du mespris par parolles ou signes exterieurs.

Medire d’eux, s’en plaindre ou murmurer en son cœur, publier leurs desordres ou infirmitez cachées.

Leur respondre insolemment, leur donnant subjet de se fascher et de se mettre en cholere.

Avoir honte d'eux, ou les mespriser à cause de leur pauvreté ou autre infirmité. |

Leur porter hayne ou adversion dans son cœur.

Leur souhaitter la mort ou autre mal, pour ne pouvoir souffrir leur chastiment ou reprehension.

Leur desobeyr en chose notable ou legere, par mespris de leur personne.

Lever la main sur eux, les frapper, ou en avoir la volonté.

Souhaitter leur mort pour en estre deffait, ou avoir leurs biens, charges, dignitez ou heritages.

Leur manquer en leurs besoins, necessitez et maladies.

Manquer à l’execution de leur testament, legs pieux, et à faire prier Dieu pour leurs ames.

Par trop d'attache ou interest de famille, ne se pas soucier d’offenser Dieu pour venger leur querelle.

Manquer à l’obeyssance et respect deus aux superieurs ecclesiastiques et civils, en choses justes et raisonnables.

Parler mal des superieurs ecclesiastiques et seculiers, ou prester l'oreille à ceux qui en disent du mal.

N'assister pas ses parens (qui sont les premiers pauvres) dans l’extreme pressante necessité, par dureté de cœur, les renvoyant ou traittant rudement de parolles.

Desrober le bien des parens pour fripponner et faire desbauche.

Pour les peres et meres.

Donner des maledictions et imprecations aux enfans.

N'avoir pas soing de leur instruction et education en la crainte de Dieu et choses necessaires à salut.

Ne les chastier et corriger de leurs fautes.

Ne veiller pas sur eux et sur leurs desportemens (1), ne les occupant pas en des exercices honnestes qui les destournent de loysiveté et des mauvaises compaignies.

Leur commander choses mauvaises, ou ne les en destourner pas, s'ils sy portent.

Leur donner mauvais exemple par jurement ou blasphemes, parolles deshonnestes , emportemens, ivrogneries, ou autres actions mauvaises.

Les destourner du service de Dieu par une affection trop tendre et desreglée. |

Ne les occuper pas, ny ne leur faire pas apprendre quelque vocation, pour les pourvoir en des estats et conditions selon Dieu.

Amasser des biens par des voies injustes, pour les advancer à des charges ou profession par dessus leur estat et condition.

Desirer leur mort, les outrager sans raison, ou donner des imprecations par emportement et cholere.

Preferer les uns aux autres, et leur donner subjet de haynes, de querelles et jalousies. |

Les engager temerairement, et sans vocation, à la religion ou à l’estat ecclesiastique , par voies illicites et simoniaques, ou les marier contre leur gré, etc.

S’approprier et employer à son usage les revenus de leurs benefices.

Les meres hazardant leur fruict, pour ne se pas choyer et conserver.

(4) Manière de vie, bonne ou mauvaise.

Differer le baptesme des enfans par des raisons et considerations humaines, ou par negligence.

Pour les personnes maryées.

Avoir des haynes ou adversions l’un contre l’autre.

Faire mauvais menage, ou vivre en querelle ou divorce, et combien de tems.

Pecher dans l’ordre du mariage, crainte d’avoir trop d'enfans, ou par autres desreglemens, et se refusant ou ne se rendant pas ce qu'ils se doivent, sans subjet.

Outrager, exceder et maltraitter sa femme.

Ne se rendre pas les secours et assistances reciproques dans les maladies, ou autres besoins et necessitez.

Desobeyr au mary sans cause legitime, et le provoquer à jurement, cholere et à offenser Dieu.

Pour les serviteurs et servantes, et autres domestiques ou apprentifs.

Mespriser leur maistre et maistresse, et en mal parler.

Leur manquer de respect et d’obeyssance és choses justes et raisonnables.

Par leur mauvais soing et negligence, leur causer quelque dommage.

Manquer de fidellité, faysant tort à leurs biens, les dissipant ou en mal usant contre leur gré.

Desobeyr en choses notables, et donner subjet de cholere.

Obeyr en choses mauvaises, par respect ou molle complaysance.

Relever les secrets prejudiciables aux affaires des maistres et

maistresses.

Pour les maistres et maistresses.

Manquer à l'instruction necessaire à salut aux serviteurs et domestiques.

Ne veiller pas sur leur desportement, et par là donner lieu à quelque desreglement ou offense de Dieu.

Manquer à les corriger quand ils offensent Dieu, ou mänquent à leur devoir en chose considerable.

Leur tolerer ou commander le mal, ou ne les en destourner pas , par lascheté ou negligence.

Les y porter par commandemens, sollicitations ou mauvais exemples. |

Ne les assister pas corporellement et spirituellement dans leurs maladies.

Les empescher d'assister à la messe les jours d'obligation, de recevoir les sacremens, et de s'acquitter des autres devoirs d’un chrestien. |

Les injurier, exceder et maltraitter sans raison, par emportement et cholere.

Les surcharger de travail par dessus leurs forces.

Manquer à leur enseigner et monstrer legitimement ce qui est de leur vocation dans le tems de leur apprentissage.

Retenir ou retrancher leur salaire, ou en differer le payement avec dommage.

(ley tout superieur, soit ecclesiastique ou seculier, selon son degré, son pouvoir et authorité, s’examinera sur ces obligations, et ce qu’il doit à ses inferieurs ; et reciproquement tout inferieur à l’esgard de ses superieurs.)

COMMANDEMENT v.

Homicide point ne seras.

Porter hayne à quelqu'un avec desir de luy faire tort ou de se venger. Dire le tems et la durée.

Souhaitter la mort ou quelque grand mal à quelqu'un. Dire quel mal, et en quoy.

S'emporter de cholere contre quelqu'un, avec desyr de luy nuyre.

Prendre playsir et s’arrester aux pensées et intentions de se venger, quoy qu'on n'ayt pas dessein de l’executer.

Commettre homicide par effect ou de volonté seulement; user de sortilege, poison, ou autre chose à cet effect.

Procurer l'avortement par drogues, ou pour ne s’estre pas assez conservée, par negligence, desespoir, ou autrement.

Causer la mort ou estouffement des petits enfans, les couchant dans le lict, ou par quelque autre negligence notable.

Par querelle, battre, frapper, outrager, blesser, tuer, authoriser et appreuver, et porter à le faire en son nom, donner ayde, conseil et protection à cet effect. Dire la qualité des personnes; si pere, mere, freres, parens, prestres, religieux, etc., y ayant excommunication en ce Cas.

Ne vouloir pas se reconcilier ou demander pardon, ou le refuser en estant sollicité, ny satisfaire à l’injure qu’on a faite.

Par hayne et rancune ne vouloir ny parler, ny voir, ny saluer le prochain, au scandale de ceux qui le voyent et le cognoissent.

Protester de pardonner, mais ne vouloir ny voir, ny saluer apres la reconciliation et le raccommodement accordé.

S’exposer à quelque danger de lamort sans une juste necessité.

S'exposer volontairement au danger d'offenser Dieu , quoy que cela ne soit pas arrivé.

Procurer la mort spirituelle au prochain, ou par mauvais exemple, enluy commandant, conseillant, consentant, le loüant et le flattant dans son peché; ou luy donnant et promettant retraitte et protection pour mal faire, profitant avec luy du mal, ne disant mot, n'empeschant point et ne s’opposant point au mal, le pouvant et y estant obligé ; ou enfin ne le descouvrant point à qui il apppartient, pour y remedier.

Porter envie au prochain, s’attristant de son bien, et se resjouyssant de son mal.

L’offenser notablement par injures, mocqueries, emportement et scandale.

Estre autheur de querelles, de procez, de haynes , d’adversions et inimitiez entre parens, amys et estrangers. Dire le mal ou dommage qui s’en est ensuyvy.

Appeller en duel, respondre à l'appel, ou servir de second, s’en glorifier et s’en vanter.

Dans les pertes, et afflictions et infortunes, se desirer la mort ou quelque autre mal ; se dire des imprecations.

Manquer à faire l’aumosne et assister le prochain en sa pressante ou extreme necessité, le pouvant, et voyant en conscience estre obligé de le faire.

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