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» chambre, nous asseant, et par tout où la conversation nous » exerce, nous touchons nostre front du signe de la croix » (De cor, mis). »
« Fais ce signe, dit S. Cyrille, mangeant, beuvant, assis, » debout, partant, promenant, en somme en toutes tes affaires. » Et ailleurs : « N’ayons donc point honte de confesser le Crucifix : » mais imprimons asseurement le signe de la croix avec les doigts » sur nostre front, et que la croix se fasse en toute autre chose, » mangeant, beuvant, entrant, sortant, avant le sommeil, s’as- » seant, se levant, allant et chosmant. C’est icy une grande def- » fense, laquelle, à cause des pauvres, est donnée gratis, et sans » peine pour les foibles, cette grace estant de Dieu, le signe des » fidelles, et la crainte des diables (Catech. 4 et 13). » S. Chrysostome : « La croix reluit par tout és (1) lieux qui sont et » ne sont habitez (Quod Christus sit Deus). » S. Ambroise : « Nous devons fayre toute nostre œuvre au signe du Sauveur » (Serm. 43). »
Or sus (2) ce tant libre et universel usage de ce sainct signe peut-il estre reduit à la seule profession de foy? En toute œuvre, se levant le matin, se couchant le soir, la nuict en l’obscurité, etés lieux non habitez, à quel propos feroit-on cette profession de foy où personne ne la void? Mais il y a plus : ces Peres, qui recommandent tant l’usage de ce signe, n’apportent jamais pour raison la seule profession de foy, mais encore la deffense et protection que nous en pouvons recevoir, comme d’une cuirasse et corcelet à l’espreuve, ainsi que S. Ephrem l'appelle. Or, quoyque les anciens ayent rendu si general le signe de la croix, pour toutes les rencontres et actions de nostre vie, comme une briefve et vive oraison exterieure, par laquelle on invoque Dieu ; si est-ce que je diray seulement comme elle a esté em-. ployée aux benedictions, consecrations, sacremens , aux exorcismes, tentations, et aux miracles.