‹ Œuvres complètes de Saint-François de Sales (volume 3)Chapitre 122 sur 185 · DLV · texte numérisé non relu

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S. François de Sales , à la Mère Fabre, supérieure des Filles

de la Visitation de Lyon.

Il Iny recommande d'entretenir l'unyoa et la charité parmy ses religieuses et de se garder de la prudence humaine.

10 septembre 1616.

Ceste grande chère fille qui n'escrit point meriteroit qu'on la laissast aussi dans son silence; mais mon affection ne le permet pas. Et que vous diray-je donc, ma tres-chere fille? Je vous recommande la confiance en Dieu, la parfaicte simplicité, et la sincère dilection.

Vous avez là ces pauvres sœurs (1), lesquelles sont sous vostre crédit, et despendent de vostre assistance au progrez de vostre service, pour lequel elles sont allées : unissez vos cœurs et foibles forces, car par runyon vous prendrez des forces invincibles.

Nostre Mère vous dira peut-estre, si elle en a le loysir, la crainte que j'ay que les renardeaux n'entrent dans ceste petite nouvelle vigne pour la desmolir; je veux dire les adversions et respugnances , qui sont les tentations des saincts. Estouffez-les en leur naissance. Tenez vostre charité bandée, et tenez pour suspect tout ce qui sera contraire à Tunyon, au mutuel support, à la réciproque estime que vous devez avoir les unes envers les autres.

Gardez- vous de la prudence humaine, que Nostre Seigneur estime folie; et travaillez en paix, en douceur, en confiance, en simplicité. Sitost que vous aurez fait ce que vous avez à faire, vous ferez bien d'achever vostre affaire particulière. Vivez toutes dans les entrailles de la charité divine, ma tres-chere QUe, à qui je suis de tout mon cœur vostre, etc.

(1) La Mère Fabre avait pour coadjutrices dans la fondation du monastère de Lyon , les Mères Marie- Aimée de Blonay, son assistante et maîtresse des noTices, et Péronne-Marie de Chastel.

LE FONDATEUR d' ORDRE. 479

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