CHAPITRE XXVI
Considérations générales.
L'Europe a une foule d'institutions très propres à favoriser la liberté, inconnues au monde ancien, parce qu'elles sont une source d'impôts indirects et de soulagements pour les tributs.
Les postes et les douanes pèsent peu sur le pauvre; mais ce serait un malheur ({u'elles fussent exclusives; elles p'euvent être une branche de l'industrie publique.
Les postes aux lettres tiennent aux principes de la constitution même; la liberté doit assurer le secret dft«5.
affaires, ce qui n'arriverait pas toujours si les poste» étaient l'objet de services particuliers.
L'enregistrement des actes est encore une ressource pour le trésor qui n'épuise point la patrie; je ne parle point de son autorité dans les contrats civils.
Le timbre est une escroquerie manifeste, il n'a ni but, ni morale, et n'a que le crédit d'un^voleur armé.
Les aides tiennent aussi le frein des mœurs publiques; elles auraient été très favorables à la politique de Mahomet, car il ne craignait que la licence, fatale à l'esclavage comme à la liberté; toutefois le droit d'aide invariable serait un grand abus, dans Ijfs années^où la récolte est abondante, l'impôt devenu trop modique n'arrête point la dissolution qu'amène le vin à vil prix; dans les années de disette, l'impôt, quoiqu'il soit le même, devenu excessif, obsède les besoins.
Cette loi est bonne pour un tyran qui cherche peu que ses esclaves aient des mœurs, pourvu qu'il amasse, et dans uq Etat où il est dangereux d'altérer l'impôt; elle est mauvaise chez un peuple où la liberté ne doit souffrir ni superflu, ni privations, mais la juste abondance dans cette utile denrée.