‹ Œuvres complètes de Saint-Just: avec une introduction et des notes,par Charles VellayChapitre 103 sur 150 · CHAPITRE ni Des Ambassadeurs · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni Des Ambassadeurs

Les ambassades permanentes sont un vice de la constitution européenne; elles sont une infraction à la liberté des peuples ; une armée toujours prête aux conspirations met dans un état de défiance /jui altère la vertu du droit des gens.

Il est vrai que la politesse a beaucoup fardé ces usages; mais imaginez des contrées où Tamitié est la crainte, la bonne foi l'œil d'un ambassadeur, et la paix un état de guerre.

Imaginez des peuples qui se tiennent l'épée sur le cœur

et s'embrassent, qui s'envient leur prospérité et se déclarent la guerre quand ils deviennent riches et puissants; car le commerce en Europe ne sert qu'à amasser de quoi faire la guerre, et la guerre qu'à s'appauvrir.

Un peuple qui méprise la guerre, à moins qu'on ne l'attaque dans son territoire, n'a plus besoin d'ambassadeurs, et sa fortune deviendra prodigieuse s'il est bien gouverné.

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