‹ Œuvres complètes de Saint-Just: avec une introduction et des notes,par Charles VellayChapitre 63 sur 150 · CHAPITRE VI De l'éducation · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI De l'éducation

La France n'a point encore porté do loi sur Tôducation au moment où j'écris; mais sans doute on les verra sortir du tronc des droits de l'homme. Je n'ai donc qu'un mot à dire : l'éducation en France doit enseigner la modestie, la politique et la guerre.

CIIAPITUE VII De la jeunesse et de l'amour.

Les grands législateurs se sont distingués surtout par la hardiesse de leurs institutions à l'égard de la pudeur : à Dieu ne plaise que Je veuille établir la gymnastique parmi nous. Le culte sévère que professe aujourd'hui TEurope ne permet plus l'usage de ces lois : seulement je regrette qu'elles nous paraissent si étranges, et que nous ne soyons délicats que parce que nous sommes corrompus.

L'antiquité fut pleine d'institutions (|ui ressemblent à des vertiges, mais qui attestent son aimable simplicité.

La pudeur n'a commencé à rougir qu'après que le cœur se fut rendu coupable et ,que les gouvernements ont été affaiblis : les femmes ne sont nulle part plus modestes et plus bouillantes que dans les Etats tyranniques. Combien était plus touchante l'ingénuité des vier^^es grecques I Toutes les vertus antiques sont devenues des égards parmi nous, et nous sommes des ingrats policés.

L'éducation moderne polit les mœurs des filles et les use; elle les embellit et les rend dissimulées : et comme elle n'étouffe point la nature, mais la déprave seulement, elle devient un vice et ne fait que se cacher; de là les tristes inclinations qui pervertissent les mœurs et les mariages imprudents qui tourmentent les lois.

La France doit envier à un peuple voisin cet heureux tempérament qui fait qu'on s'y mésaUv^ ^^ws» \vQw\fc wss^vb

288 GEL VUES GOxMPLÈTES DE SALNT-JUST

ce n'est point assez; il faudrait encore que ce fût avec honneur. Il est vrai que le flegme des hommes de ce climat, un farouche penchant à l'amour, une certaine hauteur qui leur fait brusquer les devoirs, sont, plus que la vertu, la raison de ces usages. Quel qu'en soit le principe, il est favorable à la liberté; il venge la nature, comme la loi des Cretois ramène le naturel, en permettant Tinsurrection et la licence.

Page 1