CHAPITRE XVIII
Ré flexion sur la contribution patriotique, et sur deux hommes célèbres.
Nul n'a mieux connu la fortune et le peuple que l'impénétrable Mirabeau, Il vint à Aix comme cet ancien qui se présenta nu, la massue à la main, dans le conseil d'un roi de Macédoine; arrivé à l'Assemblée nationale, M. de Mirabeau signala son intrépidité et justifia les plaintes qu'il avait poussées sous la tyrannie. Cet habile homme nuisit beaucoup à M. Necker, en arrachant à l'Assemblée nationale le décret qui adopta la contribution patriotique de ce ministre; M. Necker s'enflait trop de sa popularité; on admira tout le bien qu'il voulait faire, on ne lui pardonna pas celui qu'il fit, il le fit mal. Ce ministre est tombé, personne n'a voulu paraître savoir pourquoi, c'est que personne n'osait dire qu'il détestait son impôt.
M. de Mirabeau s'est partout conduit avec justice et pénétration; il connut surtout l'art délicat de jouer les calomnies et de dissimuler sagement.