‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 133 sur 447 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

entièrement Ses tablettes et refusera de garder dans sa mémoire aucun souvenir pouvant transmettre l'histoire de ses revers et la conserver vivante dans la postérité; car il sait parfaitement qu'il ne peut sarcler ce pays aussi radicalement qu'il le voudrait et qu'il ne peut satisfaire ses soupçons en toute occasion. Ses amis ont avec ses ennemis des racines si bien liées et si communes, que lorsqu'il s'efforce de déraciner un ennemi, en l'arrachant du sol il ébranle un ami. En sorte que ce pays, pareil à une épouse qui l'a exaspéré jusqu'à le pousser à la battre, au moment où il veut frapper, lui présente son enfant, et paralyse le châtiment auquel il était décidé dans le bras qui se levait pour l'infliger.

Hastings. — En outre, le roi a dépensé toutes ses verges sur ses récents offenseurs, en sorte qu'il manque aujourd'hui des instruments même du châtiment, et que son pouvoir, comme un lion sans griffes, peut menacer mais non exécuter ses menaces.

L'archevêque. — C'est très-vrai, et par conséquent soyez assuré, mon bon Lord maréchal, que si nous opérons bien aujourd'hui notre réconciliation, notre paix, pareille à un membre brisé qui a été rejoint, n'en deviendra que plus forte par la fracture actuelle.

Mowbkay. — Qu'il en soit donc ainsi. Voici Milord de Westmoreland qui revient.

Rentre WESTMORELAND.

Westmoreland. — Le prince est tout proche : plairait-il à Votre Seigneurie, de rencontrer Sa Grâce a une égale distance de nos deux armées ?

Mowbray. — Au nom de Dieu, que Votre Grâce D'York veuille bien avancer le premier, alors.

L'archevêque. — Précédez-moi et présentez mes compliments à Sa Grâce. — Milord, nous partons. (Ils sortent.)

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