‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 203 sur 447 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Eu France, — Devant Orléans.

Entrent CHARLES, LE DUC D'ALENÇON, RENÉ D'ANJOU et autres, avec les troupes françaises .

Charles. — Le véritable mouvement de Mars n'est pas plus connu sur la terre qu'il ne l'est dans le ciel; dernièrement il brillait du côté des Anglais; maintenant c'est nous qui sommes les vainqueurs, c'est sur nous qu'il sourit Quelles sont les villes de quelque importance que nous ne possédions pas? Nous séjournons ici paisiblement près d'Orléans, tandis que les Anglais affamés, comme de pâles fantômes, nous assiègent mollement une heure par mois.

Le duc d'Alençon. — Ils soupirent après leur soupe et leurs grasses tranches de bœuf ; il faut qu'ils soient nourris comme des mulets, et qu'ils portent leur provende pendue au cou, sinon ils vous ont un air piteux comme des souris noyées.

René d'Anjou. — Faisons lever le siège : pourquoi restons-nous ici à ne rien faire? ce Talbot, qui faisait l'objet de nos craintes habituelles, il est pris: il ne reste que Salisbury à la cervelle détraquée, et il peut dépenser sa bile en agitations

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